Deux histoires de séquestration

Dans le quatrième volume des Confessions Brutales, je vous proposais l’histoire de Joséphine, cette jeune stagiaire qui avait découvert une nouvelle forme d’orgasme (une ISM, c-à-d une Illumination Sexuelle Mystique selon ses propres termes) après avoir servie de monnaie d’échange entre une startup française et une bande de yakuzas.

Pour le cinquième volume des Confessions Brutales publié il y a quelques jours, nous restons très proche du monde de l’entreprise. Avec Malika, une working girl 100% corporate à qui rien ne résiste – capturée et tourmentée par un malade pendant son jogging.

La confession de Malika m’a ouvert la porte d’un sous-genre fictionnel à la mode sur Wattpad. En cherchant avec les bons mots clés (kidnapping + mariage forcé) vous y trouverez des centaines et des centaines de fictions de beurettes mariées de force/violées/prostituées/amoureuses (rayez la mention inutile) d’un thug ou d’un badboy des cités.

Je ne considère pas mon texte comme une variation directe autour de ce thème. L’histoire de Malika n’a rien à voir avec ces histoires d’adolescentes mais elle navigue sur les mêmes ondes de la psychosphère. Vous en saurez plus en lisant cette confession brutale, si ce n’est pas déjà fait.

Horoscope – Capricorne (Janvier)

Selon le blog « sos-adultere » (http://sos-adultere.tumblr.com/), les hommes disposent de 5 manières de réagir quand leur femme ont des soupçons sur leur fidélité.

1, la solution de facilité, le déni : c’est pas moi, j’ai rien fait, ça doit être le voisin, ou un sosie !

2, le mensonge, il y a en a qui ont toujours une bonne excuse dans la poche : j’ai perdu un pari, j’allais t’en parler, c’est pas comme si je t’avais trompé, c’est que du sexe…

3, plus risqué, l’honnêteté : y’a pas de mal à tirer un coup ailleurs de temps en temps, les hommes ont toujours fait ça… bon oui j’avoue, je me suis comporté comme un con…

4, la culpabilité, une option qui a fait ses preuves : je ne sais pas quoi te dire chérie, je suis désolé, je suis un moins que rien… je sais pas ce qui m’est passé par la tête, je voulais juste voir ailleurs. Comme s’il ne s’agissait que de voir, sans toucher, sans goûter, sans mettre les doigts dans le pot de confiture.

5, l’ironie, efficace et pas chère : attends, je me suis juste fait sucer, y’a pas mort d’homme !

Pour équilibrer la balance et tomber sur un nombre paire je vous proposerais, mes chers amis capricornes adeptes de l’adultère, de foncer dans le tas en testant une sixième solution : la provocation.

Une manière comme une autre de transformer un simple incident diplomatique en déclaration de guerre nucléaire et de vous comporter en véritable bête à cornes : proposez à votre femme de rencontrer votre maîtresse.

Et ne vous limitez pas à une simple présentation, invitez les deux femmes pour un week-end à la campagne et faites de ce séjour le climax de votre vie de couple et de votre vie d’amant.

Un fantasme compte triple où rien ne vous sera épargné, où tout peut arriver.

L’une des deux femmes pourrait prendre le pas sur l’autre, dans une joute verbale ou un combat de catch, pour finir dans un déferlement de saphisme. À moins que les deux furies (dans un compromis dont seules les femmes ont le secret), se liguent contre vous et mettent en oeuvre tous ces fantasmes cruels de domination qu’elles effleurent, de temps à autres, lors de leurs rêves érotiques les plus sales.

Attendez-vous à tout, surtout au pire.

Confessions Brutales n°5 : Une working girl tourmentée par un pervers sexuel en plein jogging

 

Trailer / Prologue

Pas une journée sans l’annonce d’une nouvelle technologie révolutionnaire : des applications fabuleuses, des produits connectés, des matières intelligentes…. il existe même des logiciels capables de distinguer différentes émotions sur un visage et de lire sur les lèvres. Mais aucun programme n’est encore capable de différencier un orgasme authentique de la grimace d’une simulatrice !

Si je devais donner mon corps à la science ce serait pour ce genre de projet. Je pense même que les chercheurs devraient plancher sur un programme de reconnaissance d’éjaculation faciale. Je n’en vois pas encore très bien la finalité mais cela me serait sûrement plus utile qu’un logiciel qui compte les kilomètres quand vous courrez à pied.

Parce que je ne coure pas à pied.

Et parce que je suis toujours prise de nausées à la vue d’un joggeur.

Il doit exister un plaisir masochiste à souffrir sans autre but que de relier un point A à un point B le plus vite possible en suant dans des fringues fluos ridicules.

Plus que du dégoût c’est une véritable hantise qui s’empare de moi en croisant ces somnambules en pleine fuite en avant. Je me vois à leur place – courant vers un inévitable danger – on appelle ça la hantise de la joggeuse isolée : s’imaginer qu’un malade mental se cache derrière chaque bosquet pour vous étrangler.

 

1 / Une putain de machine parfaitement huilée

La hantise de la joggeuse isolée ? Malika s’en foutait.

Elle se disait que c’était une excuse pour les faibles.

Malika se voyait comme une working girl à qui rien ne pouvait résister – comme une machine lancée comme une balle à travers la forêt.

Elle venait de parcourir très exactement 8,352 kilomètres à une vitesse moyenne de 11,4 km/heure.

À ce train là elle pouvait encore courir plus d’une heure avant de ressentir les premiers effets de la fatigue – son pouls était bas – son taux de glucose parfaitement dans la normale – Malika se sentait comme une machine – une putain de machine parfaitement huilée – performante comme jamais. Au top malgré la pression du boulot.

Une musique marquait le rythme de sa course : Break The Rules de Charli XCX. Et des yeux la suivaient. Tapis dans la forêt. Derrière le tronc d’un frêne décharné. Elle n’aurait pu les voir, trop concentré sur ses objectifs, ses stats, ses skills, son lifestyle.

Les yeux cachés dans le feuillage s’accompagnaient d’un visage et d’une tête qui abritait un cerveau.  Et ce cerveau malade commandait les mains rêches d’un colosse de plus de deux mètres de haut.

La bête bondit sur la joggeuse en ne lui laissant aucune chance de s’enfuir. Sur le coup elle pensa qu’il s’agissait d’un autre coureur maladroit mais elle n’eut pas le temps de réagir qu’un bâillon lui bloquait la mâchoire.

 

2 / Un vrai nid pour son petit poussin d’amour

Celui qui n’était encore qu’une ombre dans l’esprit de Malika la porta sur son épaule loin dans les bois.

Au terme d’une course folle l’homme la jeta sur le sol. Sur un tapis d’humus plus moelleux qu’elle ne se serait attendu. Dans son délire le malade mental avait préparé un petit nid douillet avec des feuilles de fougères et de la mousse.

Un vrai nid pour son petit poussin d’amour.

Il lui enleva le bâillon pour lui attacher les mains et les pieds. Cela voulait dire une chose : Malika pouvait crier autant qu’elle le voudrait – personne ne viendrait la délivrer – pas même le Prince Charmant, trop occupé à tester la dernière BMW série 5 ou choisir un polo dans la dernière collection Vicomte A.

Malika se souvenait de quelques conseils en cas d’attaque. D’un manuel d’autodéfense pour filles avec des prises kung fu mi-brutales mi-sexy. Mais l’enchaînement des figures se diluait dans l’adrénaline. Plus moyen de savoir s’il valait mieux taper un bon coup dans les couilles ou dans les rotules.

C’était ridicule : même avec un flingue elle aurait bien était incapable d’agir.

 

3 / Bloquage complet

Malika comprenait à peine ce qu’il lui arrivait.

Il fallut que son ravisseur sorte son sexe pour traduire enfin ses intentions cachées en idées concrètes. L’homme en noir l’avait mise sur le flanc pour mieux lui baisser son pantalon et faire apparaître sa petite culotte rose fluo Adidas spécial running.

Malika n’en croyait pas ses yeux. Sa bite était toute petite. Minuscule. Une petite bite d’enfant toute fripée. Il essayait de bander – si l’on en croyait la manière dont il l’agitait – sans espoir.

Blocage complet.

Dans les deux cerveaux.

Une chose l’empêcher sans doute de bander : sa captive aurait-elle dû crier peut-être ? aurait-elle dû se débattre pour témoigner de son absence de consentement ?? aurait-elle dû le supplier de ne pas lui faire de mal pour réveiller son émoi ???

Au lieu de se défouler sur Malika, l’homme en noir hurla une série d’insultes destinée à sa bite. Après s’être injurié de tous les noms il voulut s’en prendre à Malika. Les mains tremblantes, il commença à la secouer. Jusqu’à ce que l’iPhone de Malika tombe sur le sol. L’homme se saisit alors du téléphone pour marteler un arbre. Si fort qu’il explosa en plusieurs morceaux.

Sur ce coup-là, Malika fut révoltée.

L’inconnu venait de détruire son iPhone en guise de préliminaires.

C’était comme si on venait de lui péter un bras en deux. Pire : c’était comme si on venait de l’amputer d’un membre en détruisant ses stats et son carnet d’adresses. Mais elle ne se fâcha pas. Elle restait étrangement calme en se disant que malgré les liens qui la retenait elle avait la maîtrise de la situation.

 

4 / Un très bon chef de service

Malika avait eu l’occasion de détailler la silhouette noire pendant sa crise. Elle le trouvait ridicule avec son embonpoint, son début de calvitie et son petit zizi d’écolier. Il ferait un très bon chef de service, se dit-elle, un de ces connards qui me mettent la pression au boulot.

Si elle s’était retrouvée seule en pleine forêt un dimanche matin c’était pour se changer les idées et sortir de l’esclavage de son travail. Pas pour se faire violer par le premier timbré sorti de nulle part entre deux arbres.

Malika aurait dû avoir peur mais une drôle idée se frayait un chemin dans sa tête : à deux doigts du burnout, un enlèvement était une opportunité à saisir pour se sortir la tête du boulot. Elle n’aurait jamais osé espérer mieux.

Une excuse en béton.

Une manière comme une autre de remettre les compteurs à zéro.

Elle avait entendu parler de ces gens qui changeaient de vie après une catastrophe. C’était la chance de sa vie (si elle ne mourait pas dans la journée) car elle sentait bien que ce mec ne pouvait pas faire de mal à une chatte. Pas avec ce qu’il cachait honteusement dans son slip.

 

5 / Une fauve parmis les loups

Malika pouvait reprendre le contrôle de son destin. Ce n’était pas seulement un malade arrivé au plus point de la psychose qui lui faisait face. Sous le masque et les vêtements de chasseur il pouvait y avoir n’importe qui. Et surtout son chef.

Ou le chef de son chef.

Ou un autre chef.

Peu importait : une idée de vengeance se lisait dans les yeux de Malika.

Elle venait de passer de la nausée à l’embrasement.

Elle observait l’homme en noir comme une fauve. Il venait de prendre la place de la proie et ne le savait pas encore. Malika s’apprêtait à lui tendre la plus terrible des ruses : elle allait l’inviter à profiter d’elle, en douceur, pour mieux l’amadouer… quitte à se faire violer, autant que ce soit par de petites caresses… c’était cynique mais c’était comme cela qu’on lui avait appris à bosser. Elle avait appris qu’il fallait parfois accepter de se faire niquer pour mieux entuber ses clients et ses concurrents.

Et aujourd’hui – dans cette situation de crise – cela passait par une invitation folle : plutôt que lui demander de la détacher et de la libérer, Malika lui demanda s’il voulait qu’elle lui montre comment on caresse une femme.

Elle était prête à tout. Prête à se lâcher. Au bord d’une décompensation mentale aux conséquences irréversibles.

 

6 / Tu sens comme je mouille ?

Dans une acrobatie Malika arriva à passer les mains du dos vers l’avant et lui saisit le poignet.

C’était une technique comme une autre. Si elle devait mourir, autant qu’elle prenne du bon temps avant. Si elle devait se faire violer – même par un demi-mongolien doté d’un micropénis – autant qu’elle soit un minimum lubrifiée.

Elle se saisit d’une des deux grosses mains du type en noir et la colla dans sa culotte en le guidant comme un enfant à qui l’on voudrait faire découvrir le goût d’une confiture un peu amère :

Oui, c’est comme ça que ça passe, les doigts qui tournent doucement…

Et elle lui passait les doigts en long et en large du son sexe.

Oui, sans forcer…

Et elle commençait à presser de plus en plus fort entre les lèvres.

Oui, c’est là que ça fait du bien…

Et elle guida les doigts vers son clitoris.

Oui, en cercle, comme ça…

Et elle continuait à irriter son petit bouton gonflé.

Tu commences à sentir la chaleur là ?

Et elle lui fourra le doigt entre les lèvres ouvertes et glissantes.

C’est de la mouille…

Et il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas à quoi il avait à faire

Tu sens comme je mouille ?

Et elle le baladait de haut en bas et de gauche à droite sur son sexe en lui sortant toujours plus de saloperies.

Appuie encore sur mon clitoris… tu vois ce petit bouton… tout dur… juste là…

Et elle continuait à se branler avec la main de son tortionnaire en suivant la voie royale qui la mènerait vers l’orgasme.

C’est pas compliqué une femme… suffit juste de…

Et s’en fut trop pour Malika qui perdit la parole dans ce dernier souffle. Elle se laissa tomber dans les bras de l’homme qui appuyait de plus en plus fort, de plus en plus vite. Elle se laissait branler sans savoir si elle devait se comporter comme une victime, une sainte ou une salope.

 

7 / Un secret si gênant que même l’alcool ne pouvait pas vous le faire oublier

Une fois qu’il entra ses doigts dans sa chatte : c’est comme s’il venait d’appuyer sur un interrupteur qui l’envoya au-dessus de la canopée. Il avait touché à un truc qui fallait pas. Comme une machine où vous appuyez sur tous les boutons pour rigoler et à la fin ça se termine en catastrophe…

Malika devint incontrôlable sous l’effet d’un cocktail détonnant composé de molécules exotiques, endorphine, dopamine, amphétamine, produites par l’effort de la course à pied, la peur, et peut-être un brin de nostalgie.

Malika se trouvait précisément dans le même état que cette fameuse nuit qu’elle aurait aimé oublier.

Pour fêter sa Mention très bien elle s’était masturbée en public, en petit comité, dans une ambiance hip hop avec de la weed à gogo. Défoncée comme on peut tous souhaiter l’être un soir de résultats du bac, elle avait voulu imiter une star du R&B et avait complètement dérapé : la danse sexy s’était terminée le string à la main et deux doigts dans la chatte devant une assemblée de noceurs abasourdis.
Un secret si gênant qu’aucun alcool ne peut dissoudre.

 

8 / Malika la Beyoncé du 9-2

Un truc enfoui en elle qui la terrorisait venait de refaire surface : la peur de se lâcher et de faire n’importe quoi. Et surtout la peur de croiser quelqu’un au courant – car l’info avait circulé – cinq minutes après le show tout le lycée était au courant des frasques de la Beyoncé du 9-2.

Sur les photos : elle avait surtout l’air d’une Mariah Carey qui aurait un peu trop forcé sur le maquillage et les confiseries. Mais tous les mecs la trouvaient assez salope pour espérer la mettre dans leur lit.

Au boulot : elle était toujours dans le même état de tension. Avec ses chefs, surtout, et la moindre allusion à une soirée ou un diplôme faisait bondir l’aiguille de son radar à problèmes !

Pourtant Malika n’avait rien d’une idiote décérébrée.

Un collègue aurait pu la décrire de la manière suivante en quelques fun facts :

– une vraie guerrière,

– pas encore prête à s’avouer trentenaire,

– répète à qui veut bien l’entendre que si les gens détestent le capitalisme c’est parce qu’il les sort de leur misère.

Le look de Malika ? cheveux très courts, très sombres, comme ses yeux. Sans aucune faute de goût. Carrossée comme une voiture allemande : chemisiers moulés sur la courbe de ses deux beaux seins ronds – et jupes de tailleur ultra moulantes qui lui arrivent juste au-dessus des genoux pour remonter jusqu’au nombril en soulignant son ventre plat et ferme.


9 / Les sextoys ne mentent pas

Des petits amis ?

Malika avait essayé. Mais elle n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Elle aimait voir la chose sous la forme d’un contrat : juste des coups d’un soir quand l’envie se faisait trop forte. Et encore, après avoir joué les inquisitrices pour écarter les 3P (les puceaux, les pervers narcissiques et les porteurs potentiels de MST).

C’est avec des jouets qu’elle aimait prendre du bon temps.

Les sextoys ne mentent jamais.

Les sextoys vous attendent sagement dans leurs tiroirs et ne bandent pas mou à cause de la fatigue ou de l’alcool. Ils vous déçoivent rarement et vous pouvez même trouver du plaisir à le prêter à vos copines. Faire l’amour avec des machines lui rappelait à quel point elle était parfaite.

Il n’y a qu’une machine qui peut me faire parfaitement l’amour, avait-elle déjà dit à ses copines.

Pourtant, Malika savait qu’il lui manquait quelque chose et qu’elle ne pourrait se faire d’illusion éternellement sur cet objet qui lui faisait défaut : un vrai mec, un mec avec ses qualités, ses tares, ses fantasmes un brin salaces, un mec qui pourrait le temps d’un jeu érotique lui montrer qu’elle n’était pas la patronne qu’elle pensait être…

 

10 / Une impérieuse envie de se faire séquestrer

En perdant le contrôle dans cette forêt Malika venait de laisser des idées dégoûtantes et malsaines filtrer au travers de son esprit. Un drôle de fantasme s’était définitivement collé en travers de sa conscience : une impérieuse envie de se faire séquestrer.

Lorsqu’elle venait à bout de son catalogue d’obsessions – lors de ses masturbations enragées – il lui arrivait de fouiller le fond de sa malle à désir. Dans l’ombre de son imagination se cachait un certain type d’élucubrations qu’elle préférait oublier une fois le calme revenu. Des digressions sur le thème du kidnapping et son corollaire lubrique : des relations sexuelles forcées avec un ou plusieurs inconnus mal intentionnés.

Ca marchait à tous les coups : orgasme garanti à 100% satisfait ou remboursé.

Sauf que dans la vraie vie ça ne se passe jamais comme prévu. Malika ne pouvait plus supporter ces doigts qui lui trifouillaient l’intérieur. Elle n’en pouvait plus parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre, trop maladroit, trop brouillon.

Malika lui rattrapa la main encore plus fort pour s’envoler à nouveau. Pour une seconde. Le temps de se voir terrasser par un spasme de jouissance fulgurant. La chatte trempée, gloutonne, gloussante. Et au même moment, comme s’il était possible de recevoir un éclair de lucidité en plein orgasme : elle reçut un contre-ordre de la part de sa conscience.

 

11 / Le contrat

En pleine panique, Malika se demanda ce qu’elle faisait là.

Mais qu’est-ce que je fous là ?

Objectivement : elle se masturbait avec la main d’un type encagoulé qui se tripotait un petit zizi d’à peine cinq centimètres de long.

Un homme ? non, un porc au ventre de buveur de bière dont l’odeur du vice et de la pauvreté s’était incrustée au fond de sa peau. Il suintait par ses pores une odeur de clope macérée et les vapeurs tièdes du mauvais alcool de chez Lidl.

Il ne s’exprimait qu’en glapissements – l’œil débile et brillant de quelque animal solitaire tiré de son terrier pour assister à un rite solaire dont il était tout autant le sacrificateur que victime. Son regard se vidait de sa contenance à mesure que Malika reprenait le contrôle de ses émotions. Ses yeux pâlissaient, témoignage d’une irrévocable absence de vie intérieure, voire la preuve de l’inexistence de son âme.

Qu’est-ce qui s’est passé dans sa jeunesse pour qu’il devienne comme ça ? Tonton lui a mis son zizi dans la bouche, à moins que ce soit son entraîneur de foot ? se demanda Malika.

Elle commençait aussi à prendre peur et se demanda s’il comptait la buter.

Elle devait prendre une décision : anticiper, faire force de proposition, prendre en main les termes de son enlèvement. Comment ? En changeant les perceptions ! Voir son rapt sous les termes d’un échange de bons procédés. Un contrat… soit un échange de services comme un autre.

Malika se donnerait à lui pour quelques jours. Le temps de décrocher du boulot, des réunions, des objectifs, d’internet, des emails. Une digital detox à la barbare.

 

12 / La prédatrice

Malika n’eut pas le temps de formuler son offre que son tortionnaire essaya de lui monter dessus. Pour la baiser, bien entendu ! Mais le pauvre juta avant d’avoir pu la fourrer.

Trois petites gouttes translucides coulèrent sur les cuisses de sa captive, prise entre deux feux : un violent fou rire et une furieuse envie de faire mal.

Derrière sa carapace, sous le capot de la machine, sous le costume d’employée de bureau élevée en batterie, il y avait un animal, avec sa chair, ses névroses, ses cauchemars, ses règles parfois douloureuses, et surtout des envies de meurtres réprimées.

La prédatrice venait d’entrevoir la faiblesse de sa proie.

La fameuse prise de self-defense lui revint : une clé de bras / un kick dans le plexus / un étranglement radical.

L’homme en noir ne fut pas seulement immobilisé. Il cracha ses poumons et tomba raide mort sur le sol.  

Malika – en mode panique – vérifia si elle ne l’avait pas tué.

Il s’était juste évanoui : son cœur battait encore.

Malika apprécia ce court moment d’euphorie avant qu’une autre sensation ne prenne le dessus : celle de la sueur refroidie à l’azote liquide le long de sa colonne vertébrale. Un choc thermique mêlé à une impression égale de franche terreur : que devait-elle faire ? maintenant qu’elle était libre…

 

13 / Et la machine s’emballa

Malika se rendit compte qu’elle avait les cuisses pleines de mouille.

Étrangler l’homme l’avait presque fait jouir. Elle observa son sexe, gonflé et saillant entre ses cuisses. Son ventre tremblait sans savoir si cela venait de la peur ou de l’envie de se toucher à nouveau.  Elle passa un doigt timide sur le bord des lèvres pour constater à quel point elle était brûlante. Et son doigt glissa pour se caresser sur toute la longueur pour ouvrir encore plus son sexe. Sans penser à rien d’autre. Elle avait juste envie d’évacuer le stress – à sa manière – en se branlant de plus en plus fort – avec folie – avec fureur.

Malika ondulait contre ses doigts. Elle torturait son petit bouton qui n’avait jamais été aussi dur et radieux. Son cœur battait de plus en plus fort, creusant des vagues dans son ventre, une tempête qui atteignit son cerveau.  Elle sentait que quelque chose de bon aller arriver.

Et la machine s’emballa.

Malika leva les yeux au ciel.

Sa vue se troubla. Elle se laissa envahir par des impressions troublantes, par un plaisir ultime. Des petits jet de liquide s’échappèrent de son sexe quand elle jouit, inondant sa main et ses jambes. Elle giclait à grands jets sans comprendre que ce n’était pas de l’urine. Ca coulait comme une blessure mais c’était trop bon. Elle giclait sans arrêter de se branler.

Malika était devenue femme-fontaine. Sans aucune conscience de son nouveau super pouvoir. Elle cria en retombant sur le sol, trempée, déchirée, le souffle coupé, sur l’homme toujours inconscient.

 

14 / Après la soumission vint le temps de la domination

Dur retour à la réalité. Après avoir tutoyé le soleil, Malika se sentait comme brisée. Et ses envies de violence la reprirent.

Elle ne comptait pas s’en aller comme ça.

Après s’être laissé contraindre, l’autre face de son fantasme lui revenait en pleine figure : elle n’avait pas envie de reprendre sa petite vie. Elle ne comptait pas laisser ce pauvre type dormir, se réveiller et rentrer chez lui pour préparer un nouvel assaut contre une joggeuse un peu moins coriace.

Après la soumission vint le temps de la domination.

Une émotion brute. Un désir de vengeance dont l’objet n’était pas encore clair pour Malika. Un bloc de fureur aveugle contre les hommes, et pas seulement ses collègues de travail, ni ces connards qui l’avaient filmés le soir du bac…

Il lui était encore difficile de cerner les origines de cette révolte venue des profondeurs de son inconscient, d’une émotion forte venue de l’autre côté de la méditerranée.

Malika était une jeune femme moderne.

Pourtant – comme toutes les jeunes femmes de son âge et de son origine – elle était incapable d’échapper à l’idiosyncrasie manifeste de sa double-culture, de certains élans inscrits dans la chair, dans quelque combinaison de gènes situés dans une partie bien précise de son ADN.

On la prenait parfois pour une espagnole ou une portugaise, jamais pour une marocaine. Complètement occidentalisée (mise à part son physique et son teint olivâtre) il ne lui restait rien d’une orientale.

Malika avait toujours vécu en France. Sa culture d’origine relevait du folklore. Elle l’avait rapidement compris. Hors de question pour elle de jouer la comédie du ramadan ou du voile islamique. Elle se moquait autant des tartuffes qui sacralisaient le bled que des tenants de la prétendue culture française baguette-saucisson-pinard.

Malika se sentait cosmopolite, soit une femme occidentale à l’américaine.

D’ailleurs, quand elle se rendit aux USA tout le monde la prit pour une latina. Sauf qu’il ne s’agissait que d’une façade, et que son fantasme de secret de soumission/domination puisait ses racines dans ses origines métissées.

Une fantaisie commune aux françaises d’origines arabes.

Un imaginaire où se mélangent le meilleur et le pire des deux cultures : le romantisme du mauvais garçon mixé avec un soupçon de soumission à l’ancien colon. Le tout rehaussé d’une rébellion contre les structures familiales archaïques et la crainte du mariage forcé.

 

15 / Comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire

Cette combinaison de désirs contradictoires provoqua quelque chose de terrible dans son psychisme.

Comme si le dieu Janus tentait de regarder dans le même sens avec ses deux visages, dans un ces moments mythiques de résolution des conflits.

Son envie cachée d’en prendre plein le cul par tous les hommes de sa tour de la Défense avait donc son corollaire : en mettre plein le cul d’un homme qui représentait le dénominateur commun de son espèce : faible, lâche, masqué, mesquin, etc, etc…

Avant toute chose, Malika attacha l’homme avec son propre matériel. Elle fouilla dans son sac. Elle y trouva des cordes avec lesquelles l’homme fut réduit à l’état de saucisson. Il y avait aussi un marteau. Elle s’apprêtait à le tabasser, à lui fracasser le crâne, quand elle eut une autre idée.

Comment n’avait-elle pas pu y penser avant ?

Ce gros bout de bois de la taille d’un manche de pioche avait la forme d’un énorme phallus.

Elle n’eut aucun mal à lui faire rentrer dans le cul. Le mode d’emploi était simple et sa volonté de fer. Chaque coup de manche qu’elle lui mettait dans le cul la libérait d’un poids et la portait vers une forme nouvelle de jouissance.

Malika se serait attendue à ne rien sentir mais c’était tout le contraire : elle était le manche, en connexion directe avec l’outil, l’organe, une connexion concrète qui l’excitait à mort : elle n’osait même pas se toucher.

Ses seins étaient toujours d’une sensibilité extrême et son sexe lui donnait l’impression d’un fruit tropical, mûr et sucré, sûre qu’un seul mouvement suffirait à l’expédier à nouveau dans les airs. Prise d’une folie furieuse, elle voulait être sûre de lui faire assez mal avant de s’en aller. Et cette sodomie brutale ne trouva son point d’arrêt que lorsque de le manche du marteau trouva toute sa place dans le cul du méchant.

Afin de pousser le simulacre jusqu’à son paroxysme, Malika posa son sexe contre le morceau de métal qui venait de buter entre les fesses du méchant, comme pour singer un acte de sodomie physique.

Le simple contact du métal sur le bout de son clitoris suffit à la faire jouir à nouveau. Malika s’enflamma comme l’on démarrait une machine de chantier – en fanfare et dans le chaos – comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire, sauvage et hors de contrôle.

 

Epilogue / Le violeur au micropenis

Malika se réveilla dans son petit nid douillet, baignée des rayons du soleil couchant, enveloppée par les effluves de fleurs. Quand elle fut totalement revenue à elle-même, qu’elle se sentit capable de se rhabiller et de reprendre le chemin, elle ramassa les miettes de son iPhone sans penser un seul instant à retirer le manche qu’elle avait planté dans le fondement de son tortionnaire.

Et c’est ainsi que les Gendarmes retrouvèrent le violeur au micropénis. Surnom donné par des journalistes frileux qui n’eurent pas l’audace d’oser le violeur au manche de marteau dans le cul.

Malika déclara qu’elle n’avait aucun souvenir de ce qu’il s’était passé. Si l’on en croyait les rapports des enquêteurs, un joggeur inconnu lui aurait permis de s’enfuir.

Mais au fond d’elle-même – quand elle y repensait – Malika n’était pas rassurée. Elle se disait que l’enfer n’était pas forcément une atroce fournaise ou une session de recrutement pour jeunes cadres dynamiques.

L’enfer pouvait aussi prendre la forme d’une forêt agréable un matin de printemps, avec des petits oiseaux qui gazouillent de branches en branches. L’enfer ce pouvait être ce petit coin de paradis verdoyant mais avec un bout de bois planté dans le cul pour l’éternité.

#TontonBob (2)

#TontonBob ne s’ennuie d’aucune considération morale : intraitable à l’oral comme à l’anal.

#TontonBob n’a qu’une seule religion : toute sa foi porte sur la fellation.

#TontonBob ne se soucie pas de formalisme éthique : même les princesses lui filent la trique.

#TontonBob n’est pas un homme au foyer comme les autres : chez lui le ménage se fait en petite lingerie et paire de bottes.

#TontonBob n’est pas spécialement doué pour le bricolage : mais l’on pourrait se croire chez Casto lorsque l’on visite son garage.

2017

2017
Nouveau chapitre.
Nouveaux projets.

Très peu présente sur internet ces derniers temps, et pour cause, j’ai travaillé sur deux projets qui me tiennent à cœur :
– La publication des Confessions Brutales en format papier, incluant un texte inédit.
– Et un mini-roman en cours d’écriture. Appelons le Projet Z pour le moment…

…à très vite pour de nouvelles aventures.

De quoi XDDL est-il le nom ?

Xavier Dupont de Ligonnès n’est pas mort : il vient régulièrement me visiter en rêve.

Parfois, c’est un sosie croisé sur la jetée. D’autres fois, c’est un personnage secondaire d’une quête. Il se révèle toujours être un espion, un agent secret, voire le gardien d’un secret : il tente de m’expliquer – avec ses mots – avec ses gestes – qu’il n’est pas celui que l’on croit – qu’il est un survivant – l’échappé d’un suicide collectif qui aurait mal tourné – et quand les mots ne suffisent plus, ses arguments prennent la forme de caresses et d’étreintes d’un érotisme que je qualifierais de clandestin.

Ses doigts (je n’en saurais compter le nombre) me parcourent le corps, me fouillent la rétine, à la recherche de mes petits secrets, de mes zones érogènes les mieux cachées… c’est un monstre… une créature des profondeurs qui connaît tout de moi sans me poser de question. Un animus, dirait Monsieur Jung. Un vieil archétype cherchant à se faire passer pour un simple visiteur égaré. Le maître des métamorphoses : le plombier qui vous dépanne un soir d’automne, le journaliste de la presse à scandale, le fils unique qui se permet de me présenter son jumeau avant de s’incruster aux repas de famille, l’intrus que l’on écoute, entre le fromage et le dessert, raconter de quelle manière j’ai découvert la masturbation en écoutant les conseils avisés d’une grande de l’école primaire, sous les rires de mes frères et l’ombre de cette présence ténébreuse, ce vieil ami toujours prêt à rendre service, pour un coup de pelle dans le jardin ou pour m’indiquer la direction de quelque chemin de perversion.

Considérons qu’il ne s’agit pas seulement d’idées lancées en l’air ou d’un certain courant de la psychosphère, je l’ai suivi dans la forêt, et je dois avouer que je le crains encore plus quand il ouvre la marche vers cet endroit bien connu, point de repère de mes randonnées nocturnes : dans cette fange, cette bauge d’une famille de sangliers épouvantés par le bruit de nos bottes.

C’est ici que nous pratiquons le sexe de la manière la plus dégradante qui soit.

Dans la boue et le sang, il me murmure à l’oreille que la romance est morte, que la nécromancie sera à la mode au printemps prochain, que ce ne sont que des histoires, et il me demande de plonger. J’obéis, les mains en avant, la tête en arrière, le corps dans le vide, ses doigts libres au fond de mes entrailles.

Tout s’accélère : la spirale se rétrécit bien avant que je ne puisse mettre de mot sur ce sentiment d’oppression, il m’attire doucement vers lui, ses incantations prennent de l’amplitude, de la vitesse. Puis l’accélération se transforme en précipitation au fur et à mesure que les courbes se contractent sur elles-mêmes.

Plus je m’enfonce, plus l’orgasme monte, si puissant que je cherche à me rattraper à quelque chose, un mur, une corde, un homme, mais je nage dans la bave, la mouille, un ruisseau, un torrent, un fluide dans lequel je finis par me raccrocher à un roc : son sexe, entre mes cuisses. Il jouit en moi, me laissant couler comme un sous-marin perdu dans les abysses.

Je pleure, de tout mon corps, en larmes, en sueur, en transe, en ayant pris le plus grand pied de ma vie.

Quand je me réveille dans le noir, ce pourrait tout aussi bien être ma chambre, ou une cave scellée pour l’éternité, ou le bout du bout du monde, là où la lumière n’ose plus se lever. Je me réveille avec une vague idée en tête, quatre lettres comme un code secret, comme une catégorie interdite de films pornos, XDDL, la hantise de toutes les demoiselles…

0% romance / 100% explicite / Aristocratie trash et cash littérature / Entre porno et chaos / À l'écoute de tes petits secrets

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