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Miss Salope 2018 – épisode 4 – Natasha, 28 ans, escort girl à Rennes

miss salope transsexuel

« J’ai plus d’un atout dans mon slip ! »

Les amateurs de sexe tarifé de la région de Rennes ne seront pas dépaysés. Pour citer l’un de ses clients : « Natasha suce comme une grosse pute et j’ai même eu le droit de lui faire une faciale. » C’est dire si ses clients lui sont reconnaissant.

Natasha ressemble en tout point à la description de sa fiche sur son site d’escort girl : Jolie blonde, joli cul – corps parfait de pute – avec un petit plus : elle possède un pénis.

Pour sa démo, elle décide de brancher une bande de marginaux, des semi-clochards et autres punks à chiens dans un coin pourri de la ville. La caméra la suit de loin, un zoom sur ses fesses et sa démarche de super bimbo sans complexe.

Les connaisseurs savent qu’elle ne porte pas de culotte. Pas la moindre trace de tissu sous ce pantalon ultra moulant. Pas même l’ombre d’une ficelle de string. Mais (il y a toujours un mais) elle éblouie tellement le monde que personne ne remarque la petite bosse sur le devant. Natasha n’est pas une fille comme les autres, vous le savez.

Et ce n’est pas ce petit détail de rien du tout qui va refroidir les cinq mecs qui s’arrêtent de parler en la voyant entrer dans les radars, les yeux brumeux comme s’ils venaient de voir une apparition vengeresse de la Sainte Vierge dans un programme de téléréalité. Une vierge en couleurs pop avec un joli 95C sous sa veste en cuir rose et un petit sac Carrefour City rempli de cadeaux : deux pack de 8.6 et un gros paquet de capotes.

Natasha s’allume une clope, s’ouvre une bière en leur demandant je ne sais quoi (impossible de lire sur les lèvres à cette distance). Elle tend la bière au type à sa droite (un jeune homme au cou de taureau). Elle ouvre la boîte de capotes, la vide dans l’herbe et se lève pour rejoindre un petit bosquet.

Dix minutes plus tard, elle en ressort seule, le visage visiblement harassé, le cul nettoyé au kärsher – avec une surprise pour le jury : cinq capotes pleines de jus. Cinq jolis ballons de baudruches lourds qu’elle tend à la caméra comme des trophées.

Verdict du Jury : Natasha, c’est un peu la révélation de l’année. Celle qui commence à rendre jalouses les autres concurrentes et à faire du bruit sur les réseaux sociaux. Mais qui a dit qu’un mec ne pouvait pas prétendre au titre de Miss Salope de l’année ?

Horoscope sexuel du mois de juillet (Cancer)

Horoscope cancer juillet

Juillet : c’est le moment de relâcher la pression pour relancer votre année en beauté.

Alors… mer ou montagne ?

Sport ou farniente ?

Soleil ou musées ?

Peu importe votre choix, je ne saurais trop vous conseiller de changer vos habitudes – de manière radicale. Pour les hommes, ce sera simple : il suffira de vous montrer serviable et faire preuve de franchise dans toutes les situations de la vie. Ce qui, pour les hommes cancer, est loin d’être gagné d’avance.

Pour les femmes cancer, c’est différent.

La conjonction de la Lune, de Venus et d’Uranus pointe vers une seule et même direction : dévoiler toute l’étendue de votre féminité, le temps d’un été.

Je vous l’accorde, la formule sonne comme un gros titre de magazine féminin. Pourtant, c’est un trip à la sauce Public Disgrace que je vous propose.

Ma copine Marina – une de mes copines badass – adore les vidéos du site publicdisgrace.com : genre, ils emmènent une fille dans un bar, ils lui arrachent ses fringues, ils la traînent à poil un peu partout et l’humilient devant une foule de clients survoltés en lui recouvrant le visage de sperme.

Quand nous avons commencé à parler de ces vidéos avec Marina, elle m’a confié qu’elle se faisait venir presque toutes les nuits en les regardant. Comme Marina était cancer ascendant cancer, et que le mois de juillet venait tout juste de commencer, je lui ai dit que je pourrais l’aider à réaliser ses rêves.

Elle aimait l’idée mais je suis sûre qu’elle pensait que ça resterait un simple fantasme – un truc que l’on se raconte entre filles après trois ou quatre mojitos bien tassés. J’avais autre chose en tête. Je lui avais demandé de me montrer sa vidéo préférée en rentrant chez elle.

Elle m’a montré une des vidéos sur son Macbook. Pour tout vous dire, nous avions déjà couché ensemble il y a quelques mois, durant l’une des nuits les plus chaudes des dernières fêtes de fin d’année. C’était un moyen comme un autre de passer aux choses sérieuses à nouveau.

Sur le canapé, j’ai commencé à lui masser le bras pendant que la vidéo passait. Elle ne s’est pas fait prier pour glisser une main le long de son ventre. Une émotion se lisait dans ses yeux brillants. Elle partageait un moment de rare complicité avec moi, elle me montrait ce qui l’excitait le plus au monde et allait m’en apporter la preuve en me servant son orgasme sur un plateau.

Marina devenait de plus en plus rouge et de plus en plus molle dans ses réactions, de plus en plus en symbiose avec l’actrice qui se faisait triturer le bout des seins par un pervers à chapeau de cowboy.

Un voile est passé sur son visage, un bref rictus. Elle juste était sur le point de jouir. J’attendais ce moment avec impatience, dans le seul et unique but de la stopper au bord de la jouissance.

J’avais eu cette idée en voyant l’actrice se faire bander les yeux et branlée de force par le cowboy : je lui ai bloqué la main et je lui ai enfoncé la tête dans les coussins juste avant que son ventre ne s’embrase. Je lui bloquais la tête en lui racontant ce qu’il se passait à l’écran – les sévices que devait supporter la fille – sucer des bites à la file – se laisser enculer entre deux fessées – toujours les yeux bandés – pour mieux cacher ses larmes – j’en rajoutais, j’inventais, je lui disais que j’allais lui faire subir la même chose – je lui ai dit que des visiteurs venaient d’entrer chez elle et qu’ils voulaient la regarder se masturber avec ma mouille sur son visage. Après lui avoir dit tout ça, je me suis assis sur son visage. Elle m’a sucé le bonbon à travers la culotte en reprenant sa branlette de plus belle. À chaque fois que je la sentais venir, je lui attrapais les mains pour l’empêcher de jouir.

J’en ai eu vite marre de ce petit jeu. Il fallait passer à la pratique. Alors je l’ai remis debout. Je lui ai mis une main sur les yeux et un doigt dans le cul, pour la guider vers les fenêtres. Je lui murmurais dans son oreille la façon dont les voisins et les voisines s’intéressaient peu à peu à elle.

— Y’en a un de l’autre côté, il a des jumelles à la main. je crois qu’il se branle… il vient de découvrir que sa voisine d’en face est une salope de gouine, ça doit l’exciter.

Marina semblait embarrassée. Je ne sais pas si c’était l’effet du voisin ou de mes doigts qui lui fouillaient le cul, mais son visage était excitant, vide et effrayé tout à la fois. Il m’était venu à l’idée que ce terrible mélange d’émotions devait être montré au monde entier. Je lui ai mis un foulard sur les yeux et je l’ai rhabillé, sans lui faire part de mon plan. Elle s’est laissé tirer dehors. Il y avait un bar gay où nous avions nos habitudes, à cinq minutes d’ici.

De toute évidence, les clients du bar pensaient que c’était une blague.

Je leur ai expliqué que nous n’étions pas venues là pour rire. Une fille a demandé à lui toucher les seins. Je lui ai dit de se faire plaisir. Je me suis assurée qu’elle puisse lui tripoter les seins, lui tirer sa jupe, lui attraper le cul et lui sucer ses tétons. Son groupe de copines a suivi. Chacune d’elles a pu constater à quel point Marina mouillait. Elles m’ont payé des verres en me félicitant sur mon initiative. Je me suis contenté de dire que c’était les planètes qui voulaient ça.

Une des filles a demandé à se faire lécher la chatte par Marina. Pourquoi aurais-je refusé ?

Je m’assurais juste que les autres filles puissent continuer à lui toucher le cul et lui branler le clito.

Marina devait être visible par toutes et tous, surtout par les filles.

Je me suis chargé en personne de faire jouir Marina. Sa série d’orgasmes avortés l’avait rendue folle. Elle était prête à jouir depuis longtemps. Sa chatte frétillait comme une coupe de champagne. Je lui ai glissé dans l’oreille que c’était le moment, qu’elle pouvait y allait, qu’elle pouvait se branler, que je la laisserais faire, que ce serait dommage de ne pas montrer à toutes ces filles comment elle est belle quand elle jouit.

Lorsqu’on est ressorti du bar, Marina avait perdu ses fringues dans la bataille, elle ne savait plus trop ce qu’elle devait faire, si elle devait encore bouffer une chatte ou se masturber en public. Sous la lumière des lampadaires, son visage luisait de cyprine, pareille à une touriste rincée par un orage.

Comme un groupe de mecs approchait, j’évaluais la possibilité de leur livrer Marina pour la nuit. C’était une idée folle – nous n’étions pas dans un film porno – il n’y avait plus de filet ici. Mais cela ne m’empêcha pas de hurler « Venez nous baiser si vous avez des couilles » avant de nous enfuir toutes les deux en courant.

#TontonBob (3)

#TontonBob n’est pas friand de métaphore : quand il vous fait grimper aux rideaux c’est toujours sans vous demander votre accord.

#TontonBob ne répond pas : il est pris dans une interminable partie de OUIJA.

#TontonBob donne le change aux policiers : par la combinaison scandaleuse d’une camgirl en plein spleen et d’une cathédrale de dossiers suspects.

#TontonBob rêve d’apocalypse et de comètes : il compte en faire qu’à sa tête.

#TontonBob ne fera pas de vieux os : le whisky et les cocktails à base de drogues dures l’emporteront bien assez tôt.

Confessions Brutales n°5 : Une working girl tourmentée par un pervers sexuel en plein jogging

 

Trailer / Prologue

Pas une journée sans l’annonce d’une nouvelle technologie révolutionnaire : des applications fabuleuses, des produits connectés, des matières intelligentes…. il existe même des logiciels capables de distinguer différentes émotions sur un visage et de lire sur les lèvres. Mais aucun programme n’est encore capable de différencier un orgasme authentique de la grimace d’une simulatrice !

Si je devais donner mon corps à la science ce serait pour ce genre de projet. Je pense même que les chercheurs devraient plancher sur un programme de reconnaissance d’éjaculation faciale. Je n’en vois pas encore très bien la finalité mais cela me serait sûrement plus utile qu’un logiciel qui compte les kilomètres quand vous courrez à pied.

Parce que je ne coure pas à pied.

Et parce que je suis toujours prise de nausées à la vue d’un joggeur.

Il doit exister un plaisir masochiste à souffrir sans autre but que de relier un point A à un point B le plus vite possible en suant dans des fringues fluos ridicules.

Plus que du dégoût c’est une véritable hantise qui s’empare de moi en croisant ces somnambules en pleine fuite en avant. Je me vois à leur place – courant vers un inévitable danger – on appelle ça la hantise de la joggeuse isolée : s’imaginer qu’un malade mental se cache derrière chaque bosquet pour vous étrangler.

 

1 / Une putain de machine parfaitement huilée

La hantise de la joggeuse isolée ? Malika s’en foutait.

Elle se disait que c’était une excuse pour les faibles.

Malika se voyait comme une working girl à qui rien ne pouvait résister – comme une machine lancée comme une balle à travers la forêt.

Elle venait de parcourir très exactement 8,352 kilomètres à une vitesse moyenne de 11,4 km/heure.

À ce train là elle pouvait encore courir plus d’une heure avant de ressentir les premiers effets de la fatigue – son pouls était bas – son taux de glucose parfaitement dans la normale – Malika se sentait comme une machine – une putain de machine parfaitement huilée – performante comme jamais. Au top malgré la pression du boulot.

Une musique marquait le rythme de sa course : Break The Rules de Charli XCX. Et des yeux la suivaient. Tapis dans la forêt. Derrière le tronc d’un frêne décharné. Elle n’aurait pu les voir, trop concentré sur ses objectifs, ses stats, ses skills, son lifestyle.

Les yeux cachés dans le feuillage s’accompagnaient d’un visage et d’une tête qui abritait un cerveau.  Et ce cerveau malade commandait les mains rêches d’un colosse de plus de deux mètres de haut.

La bête bondit sur la joggeuse en ne lui laissant aucune chance de s’enfuir. Sur le coup elle pensa qu’il s’agissait d’un autre coureur maladroit mais elle n’eut pas le temps de réagir qu’un bâillon lui bloquait la mâchoire.

 

2 / Un vrai nid pour son petit poussin d’amour

Celui qui n’était encore qu’une ombre dans l’esprit de Malika la porta sur son épaule loin dans les bois.

Au terme d’une course folle l’homme la jeta sur le sol. Sur un tapis d’humus plus moelleux qu’elle ne se serait attendu. Dans son délire le malade mental avait préparé un petit nid douillet avec des feuilles de fougères et de la mousse.

Un vrai nid pour son petit poussin d’amour.

Il lui enleva le bâillon pour lui attacher les mains et les pieds. Cela voulait dire une chose : Malika pouvait crier autant qu’elle le voudrait – personne ne viendrait la délivrer – pas même le Prince Charmant, trop occupé à tester la dernière BMW série 5 ou choisir un polo dans la dernière collection Vicomte A.

Malika se souvenait de quelques conseils en cas d’attaque. D’un manuel d’autodéfense pour filles avec des prises kung fu mi-brutales mi-sexy. Mais l’enchaînement des figures se diluait dans l’adrénaline. Plus moyen de savoir s’il valait mieux taper un bon coup dans les couilles ou dans les rotules.

C’était ridicule : même avec un flingue elle aurait bien était incapable d’agir.

 

3 / Bloquage complet

Malika comprenait à peine ce qu’il lui arrivait.

Il fallut que son ravisseur sorte son sexe pour traduire enfin ses intentions cachées en idées concrètes. L’homme en noir l’avait mise sur le flanc pour mieux lui baisser son pantalon et faire apparaître sa petite culotte rose fluo Adidas spécial running.

Malika n’en croyait pas ses yeux. Sa bite était toute petite. Minuscule. Une petite bite d’enfant toute fripée. Il essayait de bander – si l’on en croyait la manière dont il l’agitait – sans espoir.

Blocage complet.

Dans les deux cerveaux.

Une chose l’empêcher sans doute de bander : sa captive aurait-elle dû crier peut-être ? aurait-elle dû se débattre pour témoigner de son absence de consentement ?? aurait-elle dû le supplier de ne pas lui faire de mal pour réveiller son émoi ???

Au lieu de se défouler sur Malika, l’homme en noir hurla une série d’insultes destinée à sa bite. Après s’être injurié de tous les noms il voulut s’en prendre à Malika. Les mains tremblantes, il commença à la secouer. Jusqu’à ce que l’iPhone de Malika tombe sur le sol. L’homme se saisit alors du téléphone pour marteler un arbre. Si fort qu’il explosa en plusieurs morceaux.

Sur ce coup-là, Malika fut révoltée.

L’inconnu venait de détruire son iPhone en guise de préliminaires.

C’était comme si on venait de lui péter un bras en deux. Pire : c’était comme si on venait de l’amputer d’un membre en détruisant ses stats et son carnet d’adresses. Mais elle ne se fâcha pas. Elle restait étrangement calme en se disant que malgré les liens qui la retenait elle avait la maîtrise de la situation.

 

4 / Un très bon chef de service

Malika avait eu l’occasion de détailler la silhouette noire pendant sa crise. Elle le trouvait ridicule avec son embonpoint, son début de calvitie et son petit zizi d’écolier. Il ferait un très bon chef de service, se dit-elle, un de ces connards qui me mettent la pression au boulot.

Si elle s’était retrouvée seule en pleine forêt un dimanche matin c’était pour se changer les idées et sortir de l’esclavage de son travail. Pas pour se faire violer par le premier timbré sorti de nulle part entre deux arbres.

Malika aurait dû avoir peur mais une drôle idée se frayait un chemin dans sa tête : à deux doigts du burnout, un enlèvement était une opportunité à saisir pour se sortir la tête du boulot. Elle n’aurait jamais osé espérer mieux.

Une excuse en béton.

Une manière comme une autre de remettre les compteurs à zéro.

Elle avait entendu parler de ces gens qui changeaient de vie après une catastrophe. C’était la chance de sa vie (si elle ne mourait pas dans la journée) car elle sentait bien que ce mec ne pouvait pas faire de mal à une chatte. Pas avec ce qu’il cachait honteusement dans son slip.

 

5 / Une fauve parmis les loups

Malika pouvait reprendre le contrôle de son destin. Ce n’était pas seulement un malade arrivé au plus point de la psychose qui lui faisait face. Sous le masque et les vêtements de chasseur il pouvait y avoir n’importe qui. Et surtout son chef.

Ou le chef de son chef.

Ou un autre chef.

Peu importait : une idée de vengeance se lisait dans les yeux de Malika.

Elle venait de passer de la nausée à l’embrasement.

Elle observait l’homme en noir comme une fauve. Il venait de prendre la place de la proie et ne le savait pas encore. Malika s’apprêtait à lui tendre la plus terrible des ruses : elle allait l’inviter à profiter d’elle, en douceur, pour mieux l’amadouer… quitte à se faire violer, autant que ce soit par de petites caresses… c’était cynique mais c’était comme cela qu’on lui avait appris à bosser. Elle avait appris qu’il fallait parfois accepter de se faire niquer pour mieux entuber ses clients et ses concurrents.

Et aujourd’hui – dans cette situation de crise – cela passait par une invitation folle : plutôt que lui demander de la détacher et de la libérer, Malika lui demanda s’il voulait qu’elle lui montre comment on caresse une femme.

Elle était prête à tout. Prête à se lâcher. Au bord d’une décompensation mentale aux conséquences irréversibles.

 

6 / Tu sens comme je mouille ?

Dans une acrobatie Malika arriva à passer les mains du dos vers l’avant et lui saisit le poignet.

C’était une technique comme une autre. Si elle devait mourir, autant qu’elle prenne du bon temps avant. Si elle devait se faire violer – même par un demi-mongolien doté d’un micropénis – autant qu’elle soit un minimum lubrifiée.

Elle se saisit d’une des deux grosses mains du type en noir et la colla dans sa culotte en le guidant comme un enfant à qui l’on voudrait faire découvrir le goût d’une confiture un peu amère :

Oui, c’est comme ça que ça passe, les doigts qui tournent doucement…

Et elle lui passait les doigts en long et en large du son sexe.

Oui, sans forcer…

Et elle commençait à presser de plus en plus fort entre les lèvres.

Oui, c’est là que ça fait du bien…

Et elle guida les doigts vers son clitoris.

Oui, en cercle, comme ça…

Et elle continuait à irriter son petit bouton gonflé.

Tu commences à sentir la chaleur là ?

Et elle lui fourra le doigt entre les lèvres ouvertes et glissantes.

C’est de la mouille…

Et il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas à quoi il avait à faire

Tu sens comme je mouille ?

Et elle le baladait de haut en bas et de gauche à droite sur son sexe en lui sortant toujours plus de saloperies.

Appuie encore sur mon clitoris… tu vois ce petit bouton… tout dur… juste là…

Et elle continuait à se branler avec la main de son tortionnaire en suivant la voie royale qui la mènerait vers l’orgasme.

C’est pas compliqué une femme… suffit juste de…

Et s’en fut trop pour Malika qui perdit la parole dans ce dernier souffle. Elle se laissa tomber dans les bras de l’homme qui appuyait de plus en plus fort, de plus en plus vite. Elle se laissait branler sans savoir si elle devait se comporter comme une victime, une sainte ou une salope.

 

7 / Un secret si gênant que même l’alcool ne pouvait pas vous le faire oublier

Une fois qu’il entra ses doigts dans sa chatte : c’est comme s’il venait d’appuyer sur un interrupteur qui l’envoya au-dessus de la canopée. Il avait touché à un truc qui fallait pas. Comme une machine où vous appuyez sur tous les boutons pour rigoler et à la fin ça se termine en catastrophe…

Malika devint incontrôlable sous l’effet d’un cocktail détonnant composé de molécules exotiques, endorphine, dopamine, amphétamine, produites par l’effort de la course à pied, la peur, et peut-être un brin de nostalgie.

Malika se trouvait précisément dans le même état que cette fameuse nuit qu’elle aurait aimé oublier.

Pour fêter sa Mention très bien elle s’était masturbée en public, en petit comité, dans une ambiance hip hop avec de la weed à gogo. Défoncée comme on peut tous souhaiter l’être un soir de résultats du bac, elle avait voulu imiter une star du R&B et avait complètement dérapé : la danse sexy s’était terminée le string à la main et deux doigts dans la chatte devant une assemblée de noceurs abasourdis.
Un secret si gênant qu’aucun alcool ne peut dissoudre.

 

8 / Malika la Beyoncé du 9-2

Un truc enfoui en elle qui la terrorisait venait de refaire surface : la peur de se lâcher et de faire n’importe quoi. Et surtout la peur de croiser quelqu’un au courant – car l’info avait circulé – cinq minutes après le show tout le lycée était au courant des frasques de la Beyoncé du 9-2.

Sur les photos : elle avait surtout l’air d’une Mariah Carey qui aurait un peu trop forcé sur le maquillage et les confiseries. Mais tous les mecs la trouvaient assez salope pour espérer la mettre dans leur lit.

Au boulot : elle était toujours dans le même état de tension. Avec ses chefs, surtout, et la moindre allusion à une soirée ou un diplôme faisait bondir l’aiguille de son radar à problèmes !

Pourtant Malika n’avait rien d’une idiote décérébrée.

Un collègue aurait pu la décrire de la manière suivante en quelques fun facts :

– une vraie guerrière,

– pas encore prête à s’avouer trentenaire,

– répète à qui veut bien l’entendre que si les gens détestent le capitalisme c’est parce qu’il les sort de leur misère.

Le look de Malika ? cheveux très courts, très sombres, comme ses yeux. Sans aucune faute de goût. Carrossée comme une voiture allemande : chemisiers moulés sur la courbe de ses deux beaux seins ronds – et jupes de tailleur ultra moulantes qui lui arrivent juste au-dessus des genoux pour remonter jusqu’au nombril en soulignant son ventre plat et ferme.


9 / Les sextoys ne mentent pas

Des petits amis ?

Malika avait essayé. Mais elle n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Elle aimait voir la chose sous la forme d’un contrat : juste des coups d’un soir quand l’envie se faisait trop forte. Et encore, après avoir joué les inquisitrices pour écarter les 3P (les puceaux, les pervers narcissiques et les porteurs potentiels de MST).

C’est avec des jouets qu’elle aimait prendre du bon temps.

Les sextoys ne mentent jamais.

Les sextoys vous attendent sagement dans leurs tiroirs et ne bandent pas mou à cause de la fatigue ou de l’alcool. Ils vous déçoivent rarement et vous pouvez même trouver du plaisir à le prêter à vos copines. Faire l’amour avec des machines lui rappelait à quel point elle était parfaite.

Il n’y a qu’une machine qui peut me faire parfaitement l’amour, avait-elle déjà dit à ses copines.

Pourtant, Malika savait qu’il lui manquait quelque chose et qu’elle ne pourrait se faire d’illusion éternellement sur cet objet qui lui faisait défaut : un vrai mec, un mec avec ses qualités, ses tares, ses fantasmes un brin salaces, un mec qui pourrait le temps d’un jeu érotique lui montrer qu’elle n’était pas la patronne qu’elle pensait être…

 

10 / Une impérieuse envie de se faire séquestrer

En perdant le contrôle dans cette forêt Malika venait de laisser des idées dégoûtantes et malsaines filtrer au travers de son esprit. Un drôle de fantasme s’était définitivement collé en travers de sa conscience : une impérieuse envie de se faire séquestrer.

Lorsqu’elle venait à bout de son catalogue d’obsessions – lors de ses masturbations enragées – il lui arrivait de fouiller le fond de sa malle à désir. Dans l’ombre de son imagination se cachait un certain type d’élucubrations qu’elle préférait oublier une fois le calme revenu. Des digressions sur le thème du kidnapping et son corollaire lubrique : des relations sexuelles forcées avec un ou plusieurs inconnus mal intentionnés.

Ca marchait à tous les coups : orgasme garanti à 100% satisfait ou remboursé.

Sauf que dans la vraie vie ça ne se passe jamais comme prévu. Malika ne pouvait plus supporter ces doigts qui lui trifouillaient l’intérieur. Elle n’en pouvait plus parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre, trop maladroit, trop brouillon.

Malika lui rattrapa la main encore plus fort pour s’envoler à nouveau. Pour une seconde. Le temps de se voir terrasser par un spasme de jouissance fulgurant. La chatte trempée, gloutonne, gloussante. Et au même moment, comme s’il était possible de recevoir un éclair de lucidité en plein orgasme : elle reçut un contre-ordre de la part de sa conscience.

 

11 / Le contrat

En pleine panique, Malika se demanda ce qu’elle faisait là.

Mais qu’est-ce que je fous là ?

Objectivement : elle se masturbait avec la main d’un type encagoulé qui se tripotait un petit zizi d’à peine cinq centimètres de long.

Un homme ? non, un porc au ventre de buveur de bière dont l’odeur du vice et de la pauvreté s’était incrustée au fond de sa peau. Il suintait par ses pores une odeur de clope macérée et les vapeurs tièdes du mauvais alcool de chez Lidl.

Il ne s’exprimait qu’en glapissements – l’œil débile et brillant de quelque animal solitaire tiré de son terrier pour assister à un rite solaire dont il était tout autant le sacrificateur que victime. Son regard se vidait de sa contenance à mesure que Malika reprenait le contrôle de ses émotions. Ses yeux pâlissaient, témoignage d’une irrévocable absence de vie intérieure, voire la preuve de l’inexistence de son âme.

Qu’est-ce qui s’est passé dans sa jeunesse pour qu’il devienne comme ça ? Tonton lui a mis son zizi dans la bouche, à moins que ce soit son entraîneur de foot ? se demanda Malika.

Elle commençait aussi à prendre peur et se demanda s’il comptait la buter.

Elle devait prendre une décision : anticiper, faire force de proposition, prendre en main les termes de son enlèvement. Comment ? En changeant les perceptions ! Voir son rapt sous les termes d’un échange de bons procédés. Un contrat… soit un échange de services comme un autre.

Malika se donnerait à lui pour quelques jours. Le temps de décrocher du boulot, des réunions, des objectifs, d’internet, des emails. Une digital detox à la barbare.

 

12 / La prédatrice

Malika n’eut pas le temps de formuler son offre que son tortionnaire essaya de lui monter dessus. Pour la baiser, bien entendu ! Mais le pauvre juta avant d’avoir pu la fourrer.

Trois petites gouttes translucides coulèrent sur les cuisses de sa captive, prise entre deux feux : un violent fou rire et une furieuse envie de faire mal.

Derrière sa carapace, sous le capot de la machine, sous le costume d’employée de bureau élevée en batterie, il y avait un animal, avec sa chair, ses névroses, ses cauchemars, ses règles parfois douloureuses, et surtout des envies de meurtres réprimées.

La prédatrice venait d’entrevoir la faiblesse de sa proie.

La fameuse prise de self-defense lui revint : une clé de bras / un kick dans le plexus / un étranglement radical.

L’homme en noir ne fut pas seulement immobilisé. Il cracha ses poumons et tomba raide mort sur le sol.  

Malika – en mode panique – vérifia si elle ne l’avait pas tué.

Il s’était juste évanoui : son cœur battait encore.

Malika apprécia ce court moment d’euphorie avant qu’une autre sensation ne prenne le dessus : celle de la sueur refroidie à l’azote liquide le long de sa colonne vertébrale. Un choc thermique mêlé à une impression égale de franche terreur : que devait-elle faire ? maintenant qu’elle était libre…

 

13 / Et la machine s’emballa

Malika se rendit compte qu’elle avait les cuisses pleines de mouille.

Étrangler l’homme l’avait presque fait jouir. Elle observa son sexe, gonflé et saillant entre ses cuisses. Son ventre tremblait sans savoir si cela venait de la peur ou de l’envie de se toucher à nouveau.  Elle passa un doigt timide sur le bord des lèvres pour constater à quel point elle était brûlante. Et son doigt glissa pour se caresser sur toute la longueur pour ouvrir encore plus son sexe. Sans penser à rien d’autre. Elle avait juste envie d’évacuer le stress – à sa manière – en se branlant de plus en plus fort – avec folie – avec fureur.

Malika ondulait contre ses doigts. Elle torturait son petit bouton qui n’avait jamais été aussi dur et radieux. Son cœur battait de plus en plus fort, creusant des vagues dans son ventre, une tempête qui atteignit son cerveau.  Elle sentait que quelque chose de bon aller arriver.

Et la machine s’emballa.

Malika leva les yeux au ciel.

Sa vue se troubla. Elle se laissa envahir par des impressions troublantes, par un plaisir ultime. Des petits jet de liquide s’échappèrent de son sexe quand elle jouit, inondant sa main et ses jambes. Elle giclait à grands jets sans comprendre que ce n’était pas de l’urine. Ca coulait comme une blessure mais c’était trop bon. Elle giclait sans arrêter de se branler.

Malika était devenue femme-fontaine. Sans aucune conscience de son nouveau super pouvoir. Elle cria en retombant sur le sol, trempée, déchirée, le souffle coupé, sur l’homme toujours inconscient.

 

14 / Après la soumission vint le temps de la domination

Dur retour à la réalité. Après avoir tutoyé le soleil, Malika se sentait comme brisée. Et ses envies de violence la reprirent.

Elle ne comptait pas s’en aller comme ça.

Après s’être laissé contraindre, l’autre face de son fantasme lui revenait en pleine figure : elle n’avait pas envie de reprendre sa petite vie. Elle ne comptait pas laisser ce pauvre type dormir, se réveiller et rentrer chez lui pour préparer un nouvel assaut contre une joggeuse un peu moins coriace.

Après la soumission vint le temps de la domination.

Une émotion brute. Un désir de vengeance dont l’objet n’était pas encore clair pour Malika. Un bloc de fureur aveugle contre les hommes, et pas seulement ses collègues de travail, ni ces connards qui l’avaient filmés le soir du bac…

Il lui était encore difficile de cerner les origines de cette révolte venue des profondeurs de son inconscient, d’une émotion forte venue de l’autre côté de la méditerranée.

Malika était une jeune femme moderne.

Pourtant – comme toutes les jeunes femmes de son âge et de son origine – elle était incapable d’échapper à l’idiosyncrasie manifeste de sa double-culture, de certains élans inscrits dans la chair, dans quelque combinaison de gènes situés dans une partie bien précise de son ADN.

On la prenait parfois pour une espagnole ou une portugaise, jamais pour une marocaine. Complètement occidentalisée (mise à part son physique et son teint olivâtre) il ne lui restait rien d’une orientale.

Malika avait toujours vécu en France. Sa culture d’origine relevait du folklore. Elle l’avait rapidement compris. Hors de question pour elle de jouer la comédie du ramadan ou du voile islamique. Elle se moquait autant des tartuffes qui sacralisaient le bled que des tenants de la prétendue culture française baguette-saucisson-pinard.

Malika se sentait cosmopolite, soit une femme occidentale à l’américaine.

D’ailleurs, quand elle se rendit aux USA tout le monde la prit pour une latina. Sauf qu’il ne s’agissait que d’une façade, et que son fantasme de secret de soumission/domination puisait ses racines dans ses origines métissées.

Une fantaisie commune aux françaises d’origines arabes.

Un imaginaire où se mélangent le meilleur et le pire des deux cultures : le romantisme du mauvais garçon mixé avec un soupçon de soumission à l’ancien colon. Le tout rehaussé d’une rébellion contre les structures familiales archaïques et la crainte du mariage forcé.

 

15 / Comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire

Cette combinaison de désirs contradictoires provoqua quelque chose de terrible dans son psychisme.

Comme si le dieu Janus tentait de regarder dans le même sens avec ses deux visages, dans un ces moments mythiques de résolution des conflits.

Son envie cachée d’en prendre plein le cul par tous les hommes de sa tour de la Défense avait donc son corollaire : en mettre plein le cul d’un homme qui représentait le dénominateur commun de son espèce : faible, lâche, masqué, mesquin, etc, etc…

Avant toute chose, Malika attacha l’homme avec son propre matériel. Elle fouilla dans son sac. Elle y trouva des cordes avec lesquelles l’homme fut réduit à l’état de saucisson. Il y avait aussi un marteau. Elle s’apprêtait à le tabasser, à lui fracasser le crâne, quand elle eut une autre idée.

Comment n’avait-elle pas pu y penser avant ?

Ce gros bout de bois de la taille d’un manche de pioche avait la forme d’un énorme phallus.

Elle n’eut aucun mal à lui faire rentrer dans le cul. Le mode d’emploi était simple et sa volonté de fer. Chaque coup de manche qu’elle lui mettait dans le cul la libérait d’un poids et la portait vers une forme nouvelle de jouissance.

Malika se serait attendue à ne rien sentir mais c’était tout le contraire : elle était le manche, en connexion directe avec l’outil, l’organe, une connexion concrète qui l’excitait à mort : elle n’osait même pas se toucher.

Ses seins étaient toujours d’une sensibilité extrême et son sexe lui donnait l’impression d’un fruit tropical, mûr et sucré, sûre qu’un seul mouvement suffirait à l’expédier à nouveau dans les airs. Prise d’une folie furieuse, elle voulait être sûre de lui faire assez mal avant de s’en aller. Et cette sodomie brutale ne trouva son point d’arrêt que lorsque de le manche du marteau trouva toute sa place dans le cul du méchant.

Afin de pousser le simulacre jusqu’à son paroxysme, Malika posa son sexe contre le morceau de métal qui venait de buter entre les fesses du méchant, comme pour singer un acte de sodomie physique.

Le simple contact du métal sur le bout de son clitoris suffit à la faire jouir à nouveau. Malika s’enflamma comme l’on démarrait une machine de chantier – en fanfare et dans le chaos – comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire, sauvage et hors de contrôle.

 

Epilogue / Le violeur au micropenis

Malika se réveilla dans son petit nid douillet, baignée des rayons du soleil couchant, enveloppée par les effluves de fleurs. Quand elle fut totalement revenue à elle-même, qu’elle se sentit capable de se rhabiller et de reprendre le chemin, elle ramassa les miettes de son iPhone sans penser un seul instant à retirer le manche qu’elle avait planté dans le fondement de son tortionnaire.

Et c’est ainsi que les Gendarmes retrouvèrent le violeur au micropénis. Surnom donné par des journalistes frileux qui n’eurent pas l’audace d’oser le violeur au manche de marteau dans le cul.

Malika déclara qu’elle n’avait aucun souvenir de ce qu’il s’était passé. Si l’on en croyait les rapports des enquêteurs, un joggeur inconnu lui aurait permis de s’enfuir.

Mais au fond d’elle-même – quand elle y repensait – Malika n’était pas rassurée. Elle se disait que l’enfer n’était pas forcément une atroce fournaise ou une session de recrutement pour jeunes cadres dynamiques.

L’enfer pouvait aussi prendre la forme d’une forêt agréable un matin de printemps, avec des petits oiseaux qui gazouillent de branches en branches. L’enfer ce pouvait être ce petit coin de paradis verdoyant mais avec un bout de bois planté dans le cul pour l’éternité.

XXXZK#2 : Comment j’ai inventé Twitter en me branlant dans les toilettes d’un bar à cocktail

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Intro / Prologue

Aucun auteur de science-fiction n’aurait pu anticiper les années 2000.

Comment aurait-on pu imaginer l’effondrement sans cesse répété des Twin Towers sur nos écrans ? ou prévoir l’incontrôlable multiplication des téléphones portables dans nos sacs à main ?

Ma contribution aux années 2000 tient de ce genre de miracle improbable : j’ai inventé Twitter sans le savoir, une nuit de juin, en recevant un coup de fil aux airs de prophétie. Le décor était flou et un goût d’alcool dans la bouche me rappelait à mes abus de la veille. J’eus à peine le temps de vérifier s’il n’y avait personne d’autre dans mon lit que le téléphone vibrait à nouveau.

Je composai le 888 en pilote automatique et m’attendis à reconnaître la voix d’une copine dans le haut-parleur – un truc du style : allo Ziggy je sais il est quatre heures du mat’ mais tu devineras jamais ce qu’il vient de m’arriver… et de conclure par le plan le plus pourri du début de millénaire.

 

1 – Comme un processus chimique en entraîne un autre

En lieu d’amie en galère, une voix d’homme au fort accent du sud-ouest avait laissé une trace dans ma boîte vocale – un message insensé – je l’écoutais plusieurs fois en cherchant lequel de mes potes était à l’origine de ce canular.

À la dernière écoute, j’avais réussi à me convaincre que ce mec s’était trompé de numéro. Mais ses paroles continuaient à résonner dans ma tête, portées par la dissolution des dernières molécules de tequila dans mon organisme.

Comme un processus chimique en entraîne un autre, les mots crus de l’anonyme réveillèrent ces petits papillons endormis dans le bas de mon ventre. Ma main glissa dans les draps à la recherche d’une prise, sur la peau, entre les cuisses.

Je me caressai en regrettant mon geste : j’avais supprimé le message bien trop vite – j’aurais aimé réentendre ses mots en m’effeuillant – les doigts écartant les grandes lèvres pour mieux pincer les petites.

Mon sexe me semblait aussi rugueux que la voix de l’inconnu, mais bientôt je mouillais assez pour oublier cette analogie douteuse.

 

2 – Une théorie sexuelle du chaos

Après m’être triturée les lèvres dans tous les sens et qu’un jus gras me coulait dans le creux de la main, toute envie de réflexion m’avait quitté. Je n’avais qu’une idée en tête, attraper mon clitoris pour le faire craquer entre mes phalanges.

Je l’effleurais, le chatouillais, jusqu’à dénicher la petite boule de sa cachette.

Mes caresses ricochaient sur le souvenir de la voix de l’inconnu. Je cherchais à reproduire sur mon sexe les sensations de ses intonations mélodieuses. Je retranscrivais par de petits coups secs sa manière brutale de couper l’échange. Je me touchais, timide et vicieuse, en l’imaginant encore au bout du fil, à l’écoute des moindres modulations de mon souffle.

Les mots du répondeur, en résonant de la sorte avec mon plaisir, provoquèrent une nouvelle association d’idées : une lubie, fulgurante, de faire l’amour à travers le téléphone.

Il me fallait trouver un moyen de me connecter avec cet homme.

Pour répondre à cette folie, ma main libre se saisit du portable pour le fourrer dans ma culotte, et dans l’ivresse qui était la mienne, je ne l’entendis pas sonner. Il venait d’entrer dans ma chatte, poussée par d’incontrôlables soubresauts. Je me branlais d’une ardeur sans égale avec ce gode improvisé dont les vibrations me firent littéralement bouillir de l’intérieur.

Comme dans une théorie sexuelle du chaos, la pression de quelques touches de téléphone à l’autre bout de la ville venaient de déclencher une catastrophe naturelle dans mon lit. Le battement d’aile du papillon, devenu tornade, entraînait tout sur son passage. En une série de chutes et de déflagrations. En une secousse sismique qui ressemblait fort à un orgasme.

Ces images s’imprimaient aussi bien dans mon crâne que dans mon ventre, et quand l’explosion fut trop forte, je lâchai prise vers le chemin du sommeil, saoule de bonnes vibrations.

 

3 – À la vitesse d’un parpaing lancé du sommet d’un gratte-ciel

Au réveil, je découvris l’appel en absence et la couche de macule recouvrant la coque du Nokia. Je consultai mon répondeur pour me rassurer sur son état de fonctionnement. Une femme, une inconnue, m’annonçait être en mesure de prouver que nous vivions dans un univers parallèle.

Si ce message ne m’était pas directement adressé, il fit remonter à la surface les souvenirs de la veille. Tout me revint à la vitesse d’un parpaing lancé du sommet d’un gratte-ciel : les bars – les cocktails – mes copines – et les toilettes décorées par les clients.

Entre les traditionnels messages orduriers et les stickers publicitaires, une liste de numéros de téléphone occupaient la quasi-totalité d’un pan de mur.

Partie pour une mauvaise blague, j’allais inscrire le 06 d’une amie d’un coup de rouge à lèvres. Au dernier moment, je changeai d’avis pour y inscrire le mien. Je n’eus pas le temps de regretter cette décision qu’un numéro masqué tentait de me joindre à nouveau : je décrochai pour me faire raccrocher au nez.

Après le petit-déjeuner, je ne regardais plus mon téléphone de la même manière. Mais ce n’était pas grave. J’allais retourner au bar pour mettre un bon coup de marqueur par-dessus mon numéro et réparer mes conneries.

 

4 – Mon instinct avait décidé pour moi

Quand le téléphone sonna pour la troisième fois de la matinée, je pris peur et n’osai pas répondre. Mes doigts refusaient de composer le numéro du répondeur où m’attendaient de nouvelles paroles énigmatiques : nouveau standard Marco Polo Paris 12 toilettes des hommes.

Comme j’avais toute la journée à tuer avant l’ouverture du bar de la veille, je fonçai à l’adresse indiquée. Il fallait que je bouge, que j’occupe mon cerveau avec quelque chose, un tour en métro, une petite marche et un Cherry Coke commandé avec la voix chevrotante.

Dans l’une des cabines de toilettes, je restai stupéfaite devant le standard : des dizaines de numéros – du sol au plafond – écrits par la même main.

Un grondement me fit sursauter.

Celui d’une porte que l’on claque, suivi par d’une série de bruits de pas.

Immobile, toute mon attention se portait sur le murmure de l’homme qui venait d’entrer. Je pensais qu’il allait s’adresser moi – je n’entendis que le zip de sa braguette et le crissement de ses poils pubiens lorsqu’il sortit son sexe de son slip.

La main prise de tremblements, je secouais mon téléphone comme j’aurais branlé un mec. Je priai pour qu’il ne sonne pas et j’imaginais toutes les possibilités : l’homme allait entendre le bruit de tonnerre que faisait mon coeur dans ma poitrine – ma peur déclencherait sans nulle doute son érection – il n’aurait plus qu’à pousser la porte, la bite à la main, pour abuser de moi.

Je délirai en attendant de voir son visage pour de vrai, prête à me pisser dessus à cause de la trouille. Quand il tira la chasse et s’en alla, je baissai mon pantalon et repris mon souffle en posant mes fesses sur la lunette.

Je restais assise un long moment après avoir fini mon pipi.

J’attendais.

Je ne savais pas ce que j’attendais, mais j’étais sûre que quelque chose allait se passer. Je compris quand un autre homme fit son entrée dans les toilettes. La situation m’excitait tellement que je n’étais plus en mesure de réfléchir.

Mon instinct avait décidé pour moi.

 

5 – À deux doigts de la mort

J’étais prête. Le doigt sur la gâchette. Prête à me toucher en imaginant la tête du type d’à côté, en jaugeant la gamme de réactions possibles s’il venait à découvrir une fille en pleine branlette dans la cabine voisine, à moins d’un mètre de sa bite. Une fille qui se doigtait en silence, en retenant ses soupirs, en fouillant les parois granuleuses de son vagin, de plus en plus trempées à mesure que la température augmentait.

Après son départ, l’excitation monta encore d’un cran.

Je composai le premier numéro du standard pour partager cet instant avec un inconnu, sans vraiment savoir ce que j’allais dire. Je laissai passer le message d’accueil et me limitai au plus court : Je viens de me… me branler… à côté d’un hommemon doigt… dans ma chatte… et mes cuisses… écartées…  

Je ne m’arrêtai pas à ce coup d’essai et envoyai une série de messages du même calibre en suivant l’ordre de la liste, en me branlant de plus en plus fort.

Je commentais la progression de ma masturbation d’une voix réduite à un souffle, jusqu’à ce que les mots me manquent, jusqu’à ce que la sonnerie du téléphone se mette à hurler comme un diable sorti de sa boîte.

Au bout du fil, une voix de robot débita deux phrases distinctes : Pas plus de 14 mots / Numéro privé sinon blacklisté.

Les deux règles inflexibles s’étaient gravées dans ma tête en même temps qu’apparurent les étoiles au plafond. Un tourbillon de flash jaunes-oranges, de comètes rouges de désir, aussi bruyantes qu’un groupe d’oiseaux pris de vertige avant le départ pour la grande migration.

À la limite du malaise, je m’accrochais à mon téléphone avec l’idée que ma dernière heure était venue.

J’allais mourir sur place, à moitié nue, deux doigts bien plantés dans la chatte.

Les frissons de la terreur et de l’orgasme m’enveloppèrent en même temps, dans une vague de plaisir aux saveurs complexes. J’avais joui si fort et j’avais eu si peur que je m’en étais mordus la main jusqu’au sang.

Quand les émotions refluèrent, je sentis des larmes couler sur mes joues. Je pleurai de joie, comme si après avoir frôlé la crise cardiaque ou quelque forme d’attaque cérébrale, je découvrais qu’un orgasme m’avait ramené à la vie.

C’est dans un état second que je m’enfuyai sans me laver les mains ni payer mon verre, si vite que je ne savais plus si j’avais laissé mon numéro sur le mur.

 

6 – Le Grand Jeu

Depuis cet incident, je ne sortais plus sans un petit carnet et des marqueurs au fond de mon sac. L’expérience ne m’avait pas refroidie, bien au contraire. Je n’avais pas cherché à effacer mon numéro dans l’autre bar et reçus une tonne d’annonces de plus en plus bizarres dans les jours qui suivirent :

– Un gros bourrin, vulgaire au possible, m’avait laissé une dizaine de messages et autant de variations autour du thème de la sodomie bestiale.

– Une jeune fille complètement à côté de la plaque hurlait des refrains de Britney Spears dans sa chambre de bonne.

– Un aristocrate à l’élocution parfaite lançait des appels à la révolution conservatrice depuis son donjon SM du quatrième arrondissement.

– Une femme, ou un homme, à moins que ce ne soit un transsexuel, totalement parano, s’adressait au Gouvernement et aux Renseignements Généraux par l’intermédiaire de ma boîte vocale.

Il y avait aussi ce mec dont le hobby consistait à distribuer des missions à ses correspondants. Ce matin-là, il me proposa d’attacher des pinces à linge au bout de mes seins. L’idée m’avait vaguement tenté, sauf qu’un autre programme m’attendait.

Déguisée en agent secret – lunettes noires, imperméable et jean passe-partout – j’allais faire mon entrée dans le Grand Jeu.

 

7 – Et le téléphone finissait toujours par sonner

Je m’apprêtais à ouvrir mon premier standard dans un bar où je n’avais jamais mis les pieds. Pour ce coup d’essai, j’inscrivis une vingtaine de numéros récupérés à droite à gauche, et n’oubliai surtout pas d’ajouter le mien en bout de liste.

Avant de disparaître, je m’adonnai à ma spécialité : mon rôle de nymphomane enfermée dans les toilettes. Je laissai à mes correspondants une série de communiqués à caractères sexuels en me branlant pour de vrai.

Il était possible que le patron passe un coup de peinture dans une heure, réduisant à néant mon travail, mais j’avais pris du bon temps. Le shoot d’adrénaline dépassait tout ce que j’avais essayé jusqu’à présent, drogues y comprises.

Mes branlettes téléphoniques valaient largement un coup d’un soir. C’est pourquoi j’en étais venue à inscrire mon numéro partout où c’était possible, sans en parler à mes copines, plus par prudence que par goût du secret.

Je nageais entre le réel et le virtuel, en craignant parfois que tout cela ne soit qu’un grand délire, me demandant si ces aventures n’étaient pas le produit d’un mauvais rêve érotique. Et le téléphone finissait toujours par sonner. Je replongeai alors dans mes imprudences masturbatoires en compagnie d’inconnus.

 

8 – La Femme Araignée et l’Homme à la Cagoule

Une fois dans la boucle, il était difficile de sortir de ce réseau social clandestin, sorte d’internet primitif des toilettes. Vous pouviez toujours tenter d’effacer votre numéro. Il finirait par ressortir à l’autre bout de la ville, de la France, voire à l’autre bout du monde, reproduit, répliqué, pour ainsi dire retweeté.

Je n’aurais su dire depuis quand existait cette technologie. Il était possible qu’un homme des cavernes en soit à l’origine – ce qui expliquerait pourquoi ce jeu réveillait en moi des obsessions d’un autre âge.

À l’écoute des voix inconnues et de leurs communications cryptées, mon imagination empruntait des chemins pour le moins sinueux – un labyrinthe d’hallucinations, de masques et de conspirations inavouables.

Un soir, j’avais fait faux bond à mes amies pour m’enfermer dans les toilettes d’un club privé. Je venais de recevoir le message de celle que j’avais surnommé la Femme Araignée. Ce message – ou un verre de trop – m’avaient rempli d’une implacable envie de me faire baiser de force et dans les toilettes des hommes par des créations de mon esprit : la Femme Araignée et son complice, l’Homme à la Cagoule.

Je devinais dans la voix de la femme un plaisir malsain, celui qu’elle ressentait à me livrer à la fureur de son amant masqué, celui dont les interventions se limitaient à pousser des grognements dans le combiné.

Ce soir, tu laisseras de côté ton costume de petite branleuse, semblait-elle me dire en tissant les mots avec ses lèvres sombres, fini le temps où tu pouvais allumer ton petit monde au téléphone. Ce soir, les salopes dans ton genre vont devoir payer leurs affronts.

Sur ces paroles, la Femme Araignée aurait pris les choses en main, à la fois guichetière et maîtresse de cérémonie. Elle aurait fait payer l’entrée à quelques VIP – hommes et femmes triés sur le volet – tout en commentant l’action.

Pour commencer, elle m’aurait arraché mes vêtements, sans que je n’oppose de résistance. La voir se venger de mes appels masqués me procurait un certain plaisir. Je n’étais une proie prise dans sa toile, mais une proie que la peur faisait mouiller.

Constant mon état d’excitation avancé, elle aurait pris l’Homme à la Cagoule par les couilles. Un homme réduit à l’état de brute, à peine capable de discerner le trou de mon cul de celui d’une serrure, mais qui, une fois guidé dans ma fente, allait me baiser comme un animal. Aidé par les petites pattes blanches de l’araignée, l’Homme à la Cagoule se ferait un chemin avec son énorme queue. Une queue si grosse et si longue qu’elle ne rentrerait pas entière dans mon corps.

Sous les grognements paillards de la Cagoule, la Femme Araignée continuerait à faire l’article, à réciter un à un l’intégralité des messages que j’avais laissés sur les messageries des autres joueurs.

Elle en profiterait aussi pour égrener ses traditionnelles recommandations sur l’hygiène et la discipline, en expliquant que je n’étais qu’une gamine à peine bonne à lécher un cul. Pour illustrer sa sentence, elle lèverait sa robe – une longue robe de tulle noire – pour pointer ses fesses en plein sur ma face.

Un cul blanc, rosé, à la raie parfaitement rasée.

Et l’Homme à la Cagoule, dans un geste sordide, m’aurait poussé la tête entre les deux fesses de l’araignée. Il aurait grogné en s’aggripant à mes cheveux, en me baisant encore plus fort, pour me faire comprendre que je devais tirer la langue et lécher la rondelle de notre maîtresse adorée.

Je me sentis alors sur le point de jouir.

Pour accélérer les choses, j’invoquai des senteurs animales, d’un fauve ou d’une bête à cornes, ou encore le piquant d’une claque sur mes fesses… des images qui me firent perdre la tête et toute notion du temps.

Mon fantasme était barbare, ma branlette violente et mon plaisir fulgurant.

Je rouvris les yeux aussi vite que j’avais joui – devant une cloison remplie de numéros. Quelqu’un était passé avant moi et je remarquai, pour la première fois, que le standard était pour ainsi dire signé.

 

9 – Une histoire sans fin ni début

Les jours qui suivirent, je courus la ville à la recherche d’autres standards et retrouvai les signatures des Triptop, Tristero, Trickster et autres Tonton Bob.

Que des initiales en T.

Comme Téléphone, Télécommunication, ou Tais-toi sinon il va t’arriver des ennuis.

Il me fallait trouver un pseudo qui claque. Twister me plaisait bien, mais il était déjà pris par un autre utilisateur. Alors je me rabattis sur Twiter, sans aucune référence au chant des oiseaux. Je pensais davantage à la manière dont je parlais dans le téléphone, à ma petite voix aiguë transportée par les enceintes tweeters.

Avec le recul, je comprends que les coups de fil reçus et envoyés sonnaient comme des tweets. Ce que je suis incapable d’expliquer, c’est comment mon pseudo a fini par devenir le nom d’un géant du web.

Le plus simple est encore de ne pas chercher d’explication : il n’y a ni début ni fin sur le web, et aucune logique à chercher entre les informations. Malgré tout, j’estime qu’il était temps de mettre à jour les liens obscurs qui relient la création de Twitter et la mort de notre réseau de standards.

Epilogue

À mesure que le web avait pris de l’importance, les appels secrets avaient diminué, jusqu’à disparaître. Les messageries instantanées marchaient du tonnerre, les blogs venaient de voir le jour et j’avais commencé à craindre d’être la dernière à écrire sur les murs.

Me retrouver chez les flics – accusée d’avoir tagué les toilettes d’un millier de bars à travers le monde – n’avait rien de fun. Alors je changeai de téléphone en 2003, et par là même de numéro.

Jamais je n’aurais pu croire que deux ou trois ans plus tard, comme une bouteille lancée à la mer, mon pseudo de standardiste nymphomane allait refaire surface de l’autre côté de l’atlantique pour envahir la planète.

Ilana, 18 ans, traitée comme une pute pour sa première levrette

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Quoique la levrette me manque, me confia Ilana au cours d’une longue conversation sur le chat de Wattpad. Une conversion qui avait démarré par cet échange : Hey j’ai lu la grande majorité de tes histoires et il faut avouer que j’ai adoré. Si tu manques d’inspiration ces temps, j’ai deux trois récits à te raconter à condition de garder l’anonymat.

Sauf qu’Ilana  – pour mon plus grand bonheur – s’était trompée d’interlocutrice.

Elle m’avait pris pour une de ses copines.

J’allais l’inviter à me raconter ses deux trois récits en lui faisant comprendre que j’étais plus genre porno que menthe à l’eau. Je ne fus pas déçu en voyant se dessiner sous mes yeux ce qui avait tout l’air d’une Confession Brutale comme je les aime : une fille un peu timide qui se retrouve dans une situation très délicate avec des types pas du tout recommandables – à cause de ses propres provocations et de ses fantasmes – un peu contre son gré mais en essayant de garder le contrôle jusqu’au bout… comme quoi l’on est jamais vraiment maître chez soi.

Ma première levrette, par Ilana

C’était un jeu qui a un peu mal tourné. J’avais 18 ans et c’était l’une de ces grosses soirées de fêtes comme on en fait souvent dans les beaux quartiers de Paris.

Un de ces jeux qui se joue beaucoup d’alcools forts et pas mal de drogues douces. Avec des filles et des garçons, des copines et des inconnus. Et pour le coup, les inconnus étaient de vraies racailles invitées en tant que dealers officiels de la soirée. Des mecs tout droit sortis de leur cité avec un max de fric sale et plein de marques de luxe sur le dos.

Des sales types. Aussi vulgaires que sexy.

C’était un de ces jeux qui se jouent dans les coins tranquilles des villas. Quand les hôtes se dispersent en petits groupes. Sur la soixantaine d’invités, nous avions formé un petit groupe de joueurs. Une quinzaine de personnes : dix filles (dont moi) et cinq de ces jeunes trafiquants de drogues endurcis.

Ils disaient par exemple : si t’arrives pas à (…) tu dois me (…)

Je vous laisse remplir les blancs avec des mots pervers comme fellation, levrette, striptease, sodomie ou baise… Tu dois me laisser t’baiser, ou tu dois m’sucer… Ce genre de trucs qui commençait à faire tourner la tête de certaines filles déjà bien amochées par l’alcool, les lignes de speed, et surtout par l’obscénité tapageuse de ces types qui nous envoyaient des liasses de billets comme on donne des cacahuètes à des singes dans les zoos.

Chacune avait ses raisons de rester : le fric, la dope, le fun, ou assumer son côté salope.

Certaines étaient trop bourrées pour vraiment se rendre compte de ce qui se passait.

Moi (je crois) je n’étais pas si bourrée que ça et je voulais surtout me prouver (ou prouver aux autres) que je n’étais pas une coincée.

Je me tenais en retrait, bien consciente de voir l’ambiance partir en couilles. Et l’ambiance dérapa à un moment bien précis : un gage qui a mal tourné : une fille qui accepta de sucer. Elle se frotta à lui – complètement saoule – et les deux partirent Dieu sait où.

Ce n’était qu’une blague dans la bouche du garçon.

Et cela se termina à la fin par une éjaculation dans celle de la fille.

Une scène de film de cul en direct live. De quoi mettre le feu dans le caleçon des autres mecs.

Les filles riaient. Elles se délectaient de la situation. Une fille avait pris l’initiative : ce qui nous libérait d’un certain poids mais pas de l’emprise des garçons qui nous balançaient des mots salaces.
Les autres filles se pressaient autour du couple pour voir, sans un geste, sans chercher à participer. Elles savaient que nous allions toutes y passer. Alors chacune attendait son tour. Personne ne voulait presser les choses.

Je savais que moi aussi j’y aurais le droit. D’une manière ou d’une autre. Cela m’excitait beaucoup et j’essayais de cacher mon jeu du mieux que je pouvais. Sauf que je ne passais pas inaperçue avec ma petite robe bleue roi au dos échancré qui m’arrivait mi-cuisse, avec mes cheveux lissés et mon physique… le genre de physique qui vous attire des commentaires déplacés de type t’es trop bonne…

Aussi, je répondais aux mecs en les charriant. Avec des petites blagues provocatrices. Ça les amusait. Au point qu’un des mecs me proposa un gage : finir un très grand verre de vodka – cul sec – rempli à ras bord.

Il savait qu’il gagnerait.

Et je savais que je perdrai avant même d’avoir porté le verre à mes lèvres.

En arrivant au milieu du verre, je faillis tout recracher, aussi dégoûtée par l’amertume de l’alcool que par les conséquences de mon échec dont le terme tenait en un seul mot de huit lettres : LEVRETTE.

Il aurait le droit de me prendre en levrette et je flippais, ne sachant pas comment il s’y prendrait.

Je n’eus pas le temps de réfléchir. Une pluie de quolibets me tomba dessus. Amir m’entraîna dans une chambre sous les sifflets de ses potes déçus de ne pas voir mon cul.

Je le suivis sans rien dire, étourdie par le shot d’alcool et l’adrénaline, déjà contente de ne pas avoir à me mettre à poil devant tout le monde.

Je devais rester solide : essayer d’apprécier sans tout lâcher par peur ou autre.

Un pari est un pari, je me disais, et pour ma part je tiens toujours ma parole. Ce dont j’étais moins sûre, c’était de savoir si j’étais vraiment consentante. Alors j’attendais de voir la suite pour me faire une idée définitive.

Dans la chambre il m’a dit : Enlève moi cette robe et l’bas. Ensuite quatre pattes !

J’ai remonté ma robe et l’ai enlevé sous son regard embrasé : il détaillait mes courbes sans gêne.

Je n’étais pas tellement gênée mais inquiète, avec la mauvaise impression d’être à la merci de n’importe laquelle de ses lubies.

Qu’est-ce qui allait m’arriver ? Il m’avait déjà forcé la main. Il pourrait tout aussi bien se mettre en tête de m’ouvrir le cul. Je voyais sa main s’activer dans son caleçon et l’idée qu’il se branle en me regardant comme me plaisait.

Je me suis mise à quatre pattes comme demandé et il s’est placé derrière moi. Il m’a malaxé, pincé et caressé les fesses quand soudain il a abattu sa paume dessus.

Du coup j’ai lâché un cri.

Il tirait aussi sur le fil de mon string doucement.

Il jouait avec la ficelle, totalement soumise, à quatre pattes, alors que n’importe lequel des lascars pourrait rentrer dans la pièce. Il a joué comme ça une dizaine de minutes et il m’a dit : j’t’ai dit d’enlever tout l’bas, t’as encore ton string petite pute !

Bizarrement ce surnom m’excitait.

J’ai baissé le dernier bout de tissu qui me couvrait les fesses et il l’a fourré dans sa poche, comme trophée (les mecs sont vraiment louches).

Il m’a dit : Ok bébé, courbes toi.

Il a renversé de la vodka le long de ma colonne vertébrale et a lapé ça. J’ai essayé de me relever mais il m’a dit : Reste à quat’pattes petite pute.

J’ai obéis.

Je me suis courbée à nouveau et il a inséré un doigt dans ma chatte, puis un deuxième.

J’ai horreur de me faire doigter par des inconnus mais je n’avais pas le choix. Ca me gênait atrocement du coup je regardais mes mains pendant qu’il s’activait dans mon ventre.

Il a fini par enlever ses doigts pour me caresser les fesses à nouveau. C’en était trop, je me suis levée et j’ai dit : Amir sérieux j’crois qu’on va s’arrêter là ! j’ai perdu quoi !

Il m’a répondu en rigolant : Jamais t’es conne ou c’est comment ? fait pas ta sainte, Ilana, tu mouillais bien avant que j’te mette les doigts alors ramènes ton joli petit cul ou j’viens te chercher.

Je n’ai pas bougé et il s’est levé, m’a plaqué contre un bureau de force et comme j’ai vu que je n’avais pas le dessus j’ai arrêté de me débattre.

J’étais fatiguée. Il était trop fort. Le bon délire tournait au mauvais porno.

D’une main il a poussé une mèche de cheveux et m’a mordu le lobe de l’oreille avant de murmurer : Je vais te baiser tellement fort bébé que tu ne pourras plus t’asseoir.

Après il a dit un peu plus fort : Allez, courbes toi. C’était son trip, de me voir tordue, tendue, pliée en deux les fesses à sa pleine disposition.

J’étais appuyée sur le bureau avec mes avant-bras, secouée par ses paroles. Je me suis exécutée et il s’est remis à me doigter plus rapidement. Il s’est retiré juste avant que j’atteigne l’orgasme. J’en avais les larmes aux yeux.

Je suis restée dans la position voulue, avec réticences, car je me sentais obscène comme ça. Le cul en l’air. La chatte ouverte.

Il a écarté mes lèvres et a positionné son gland contre l’entrée de mon vagin puis c’est emparé fermement de mes hanches. Je n’ai pas pu me retenir de pousser un long gémissement plaintif parce qu’il m’a pénétré d’un coup et a commencé à me baiser très fort. Il me pilonnait sans aucune tendresse. Je sentais chaque coup de son membre surdimensionné me dilater le vagin.

Ca me faisait mal au début : j’avais l’impression qu’il allait me déchirer de l’intérieur.

Je me suis mise sur la pointe des pieds et me suis collé autant que possible au bureau pour tenter de prendre un peu de distance avec mon cher lascar. Défense inutile car il me cramponnait trop fermement les hanches et me pénétrait toujours jusqu’aux couilles.

Il lâchait des trucs salaces, du type : T’aime ça salope ? Wahh t’es trop bonne bébé ! T’es très étroite j’ai envie de te déchirer ! Bouge ton boule mon amour…

Il a pris son temps, l’enfoiré.

Une demi-heure.

Il se retenait d’éjaculer car il connaissait ma réputation. À cause de mon ex (un vrai connard) tous les types de mon bahut savent qu’il en faut beaucoup pour me faire jouir, vu que j’arrive à me retenir très longtemps.

Je me retenais surtout pour lui tenir tête, pour voir si il était vraiment déterminé à me faire jouir ou non.

Il m’a dit : J’pourrais rester comme ça 48 heures arrête de faire l’insolente et essayer d’me faire douter d’mes gestes, j’sais que t’aime ça.

Je n’allais pas craquer la première. Hors de question. Je tressautais sous les coups de reins. Je m’agrippais au rebord du bureau, aussi fort qu’il se tenait à mes hanches. J’avais du mal à me tenir sur mes jambes. Je me sentais un peu nauséeuse. Les sensations trop intenses, et celles de l’écartèlement étaient  contradictoires. J’avais mal mais en même temps mes chairs distendues me procuraient un certain bien-être qui se diffusait depuis mon bas-ventre. Après un moment j’ai senti mes parois se resserrer autour de son membre.

Il avait joui quelques secondes auparavant. Je pouvais alors me lâcher et apprécier. Il ne s’était pas retiré et me caressait les fesses pendant que le liquide chaud coulait le long de ma cuisse. En me sentant jouir il a accentué ses caresses sur mes hanches. Une caresse comme on félicite une bonne pouliche.

Avant de se barrer il m’a fourré une liasses de billets dans le soutif. J’étais restée accrochée au bureau – en savourant mon orgasme – en attendant la suite – qu’il me colle un doigt dans le cul ou une bonne fessée. Mais il s’en alla sans même me traiter de petite pute.

J’ai remis ma robe sans rien en dessous et retournai au salon en veillant à ce que le sperme ne me coule pas d’entre mes jambes. Les autres filles semblaient toute satisfaites et avaient pris leur pied. Personne ne se vanta de ses exploits.

Certaines ne devaient pas être très fière d’avoir pris de l’argent pour contre une partie de sexe.

D’autres avaient dû faire des trucs trop crades pour être raconté en public.

Je ne les revis plus jamais.

En revanche j’ai revu Amir il y a pas longtemps. Ca c’est passé dans des toilettes cette fois et j’étais assise sur lui. On a juste changé de position. Quoique la levrette me manque.