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Je ne suis pas une princesse

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J’ai compris ce jour-là que je n’étais pas une princesse.

Ils furent des dizaines à s’agiter autour de moi. J’étais assise sur la plage. Je ne voyais rien d’autre qu’un mur de ventres et de cuisses. Une masse de corps plus ou moins bronzés, poilus, musclés. Des tas de mains accrochées à des tas de bites dures ou molles, roses ou brunes, longues ou petites. Chacune d’entre elles faisait l’objet d’une agitation frénétique. Tous grouillaient dans ma direction comme un nid de frelons où les jurons et les râles se mêlaient dans une grande respiration. Chacun laissait sa trace sur mon corps et s’en allait. La place était vite reprise par un autre, plus tendu, plus excité, qui allait lui aussi cracher son foutre sur la putain du jour.

Ils furent des dizaines, peut-être une centaine, à s’être agité autour de moi, dans mon dos, sur mes épaules, mes seins, mes hanches, mon ventre, mes cuisses, mes fesses. Il y en coulait de partout. Il en sortait de partout. Des petits panaches blancs, translucides, des flash comme des javelots. Même le sable était trempé du foutre de ces hommes rendus fous par mon érotisme stoïque. Le mouvement perpétuel de leurs queues fusionnant avec leurs mains m’avait comme hypnotisé. L’agitation de ces bouts d’hommes coupés au niveau du ventre contrastait avec ce que je ressentais à l’intérieur de moi : un calme parfait – presque une absence totale d’émotion – quelque part sur la crête du Nirvana – au-delà du plaisir et de la dégradation.

Le soleil n’en finissait pas de se coucher et un feu d’artifice battait son plein sur mon corps. Calme, pétrifiée dans une pose de Venus blanchie par la glaise tiède, j’étais devenue une Joconde impassible derrière une paire de lunettes de soleil.

Quand j’eus épuisé le dernier des prétendants, lequel cracha un fond de couilles mollasson sur la pointe de mes pieds, j’ai compris que je n’étais pas une princesse. Je n’avais d’ailleurs jamais été une princesse et je n’aurais plus jamais envie d’être traitée comme telle.

J’ai ensuite marché sur la plage le corps recouvert d’une seconde peau de sperme et j’acquis la certitude d’être devenue une Reine, une Impératrice, une Déesse qui plongea dans les eaux de la Méditerranée pour se laver de la souillure des hommes et retrouver son lointain royaume.