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Horoscope sexuel du mois de juin (Gémeau)

Monsieur Adam reste l’un de mes meilleurs souvenirs de lycéenne.

Le contenu de ses cours suivait le fil d’une idée fixe : vous faire abandonner tout espoir de réussite dans ce grand cirque psychotique que constitue le Monde de l’Entreprise. L’un de ses péchés mignons était de ponctuer ses tirades anticapitalistes par des extraits de la Loi de Murphy : S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour choisir la voie de la catastrophe.
C’était sa manière de sublimer sa vie tout en faisant abstraction des ravages de la calvitie et de sa taille frisant le nanisme. Je pense souvent à lui. J’aimerais l’avoir parfois à mes côtés pour bénéficier de son avis précieux de mauvais génie sur le cours de ma vie.

Dans un autre monde, au creux d’une faille spatio-temporelle, je nous vois former un couple catastrophe – une relation basée sur la violence et les coups bas – une union de désastres et d’humiliations répétées à l’infini. Notre Nouveau Monde serait une utopie où le mal ne pourrait pas nous atteindre, car nous nous serions déjà infligés toutes les souffrances possibles.

Toujours fidèle à sa Loi de Murphy, j’imagine le double de Monsieur Adam comme un romantique toxique.

La Loi de Murphy appliquée à la tendresse, ce serait une série de SMS : Je te veux ce soir – Je veux tes jarretières sexy, tes seins tendus, ton string de pute – Fais-toi belle, soigne tes cheveux, maquille-toi, prépare ton anus.

La Loi de Murphy appliquée à la romance, ce serait une photo de moi en retour, dans le miroir de ma chambre à coucher, poupée docile préparée à son goût, et une nouvelle série de textos tout aussi cruels : J’aime la façon dont tu es habillé toute salope pour moi – J’espère que tu y as passé beaucoup de temps – J’arrive, je bande déjà – Attends-moi à genoux dans la salle de bains – La tête dans les toilettes, la bouche à fleur de l’eau.

La Loi de Murphy appliquée à l’amour, ce serait son entrée tapageuse d’un coup de pied dans la porte, la ficelle de mon string écartée avec dérision, sa bite assassine directement fourrée dans mon trou du cul et sa main qui m’encastre la tête dans le fond de la cuvette. Ce serait aussi mon maquillage ruiné, mon brushing détruit par les tourbillons de la chasse d’eau et mon sourire crâneur qu’il ne verrait jamais, trop lâche pour constater mon mépris de la douleur, spectacle qu’un catastrophiste de son espèce ne pourrait supporter sans perdre son érection dans la seconde.

Les couilles vidées, satisfait de voir mon cul déborder d’un reflux de sentiments malsains, il me quitterait pour une autre, un autre trou, un autre double, dans un autre monde.

Amies et amis gémeaux, plus que jamais, la période se prête à l’exploration de territoires inconnus. Faites connaissance avec votre double pervers, tenez-le bien en laisse, et laissez vous entraîner par-delà morale et routine.

Deux histoires de séquestration

Dans le quatrième volume des Confessions Brutales, je vous proposais l’histoire de Joséphine, cette jeune stagiaire qui avait découvert une nouvelle forme d’orgasme (une ISM, c-à-d une Illumination Sexuelle Mystique selon ses propres termes) après avoir servie de monnaie d’échange entre une startup française et une bande de yakuzas.

Pour le cinquième volume des Confessions Brutales publié il y a quelques jours, nous restons très proche du monde de l’entreprise. Avec Malika, une working girl 100% corporate à qui rien ne résiste – capturée et tourmentée par un malade pendant son jogging.

La confession de Malika m’a ouvert la porte d’un sous-genre fictionnel à la mode sur Wattpad. En cherchant avec les bons mots clés (kidnapping + mariage forcé) vous y trouverez des centaines et des centaines de fictions de beurettes mariées de force/violées/prostituées/amoureuses (rayez la mention inutile) d’un thug ou d’un badboy des cités.

Je ne considère pas mon texte comme une variation directe autour de ce thème. L’histoire de Malika n’a rien à voir avec ces histoires d’adolescentes mais elle navigue sur les mêmes ondes de la psychosphère. Vous en saurez plus en lisant cette confession brutale, si ce n’est pas déjà fait.

Vous avez dit bizarre ?

Mes lecteurs sont parfois étonnants. Josef Kebab fait partie de cette catégorie de lecteurs qui n’hésitent pas à me dire quand l’un de mes textes les excite.

« Je suis un mec bizarre qui en a lu des trucs bizarres sur internet mais là c’est du vraiment bizarre qui fait vraiment bander… du coup je me sens très très bizarre… »

Ce court commentaire à propos des Confessions Brutales n°2 me touche comme la caresse d’un amant délicat sur les épaules (pour ne pas employer une comparaison plus obscène – comme une coulée de sperme qui aurait la texture d’un McFlurry™ saveur Oreo, par exemple).

En règle générale ils sont plus discrets – mes lecteurs branleurs – ils usent et abusent de ma messagerie privée pour m’expliquer les effets de mes textes sur leur système nerveux. J’hésite à publier certains de ces témoignages – surtout ceux où ils m’expliquent à quel moment ils ont joui. Je les trouve parfois bien plus pervers que ce que j’écris… et je n’aime pas trop que l’on me vole la vedette.