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Deux histoires de séquestration

Dans le quatrième volume des Confessions Brutales, je vous proposais l’histoire de Joséphine, cette jeune stagiaire qui avait découvert une nouvelle forme d’orgasme (une ISM, c-à-d une Illumination Sexuelle Mystique selon ses propres termes) après avoir servie de monnaie d’échange entre une startup française et une bande de yakuzas.

Pour le cinquième volume des Confessions Brutales publié il y a quelques jours, nous restons très proche du monde de l’entreprise. Avec Malika, une working girl 100% corporate à qui rien ne résiste – capturée et tourmentée par un malade pendant son jogging.

La confession de Malika m’a ouvert la porte d’un sous-genre fictionnel à la mode sur Wattpad. En cherchant avec les bons mots clés (kidnapping + mariage forcé) vous y trouverez des centaines et des centaines de fictions de beurettes mariées de force/violées/prostituées/amoureuses (rayez la mention inutile) d’un thug ou d’un badboy des cités.

Je ne considère pas mon texte comme une variation directe autour de ce thème. L’histoire de Malika n’a rien à voir avec ces histoires d’adolescentes mais elle navigue sur les mêmes ondes de la psychosphère. Vous en saurez plus en lisant cette confession brutale, si ce n’est pas déjà fait.

De quoi XDDL est-il le nom ?

Xavier Dupont de Ligonnès n’est pas mort : il vient régulièrement me visiter en rêve.

Parfois, c’est un sosie croisé sur la jetée. D’autres fois, c’est un personnage secondaire d’une quête. Il se révèle toujours être un espion, un agent secret, voire le gardien d’un secret : il tente de m’expliquer – avec ses mots – avec ses gestes – qu’il n’est pas celui que l’on croit – qu’il est un survivant – l’échappé d’un suicide collectif qui aurait mal tourné – et quand les mots ne suffisent plus, ses arguments prennent la forme de caresses et d’étreintes d’un érotisme que je qualifierais de clandestin.

Ses doigts (je n’en saurais compter le nombre) me parcourent le corps, me fouillent la rétine, à la recherche de mes petits secrets, de mes zones érogènes les mieux cachées… c’est un monstre… une créature des profondeurs qui connaît tout de moi sans me poser de question. Un animus, dirait Monsieur Jung. Un vieil archétype cherchant à se faire passer pour un simple visiteur égaré. Le maître des métamorphoses : le plombier qui vous dépanne un soir d’automne, le journaliste de la presse à scandale, le fils unique qui se permet de me présenter son jumeau avant de s’incruster aux repas de famille, l’intrus que l’on écoute, entre le fromage et le dessert, raconter de quelle manière j’ai découvert la masturbation en écoutant les conseils avisés d’une grande de l’école primaire, sous les rires de mes frères et l’ombre de cette présence ténébreuse, ce vieil ami toujours prêt à rendre service, pour un coup de pelle dans le jardin ou pour m’indiquer la direction de quelque chemin de perversion.

Considérons qu’il ne s’agit pas seulement d’idées lancées en l’air ou d’un certain courant de la psychosphère, je l’ai suivi dans la forêt, et je dois avouer que je le crains encore plus quand il ouvre la marche vers cet endroit bien connu, point de repère de mes randonnées nocturnes : dans cette fange, cette bauge d’une famille de sangliers épouvantés par le bruit de nos bottes.

C’est ici que nous pratiquons le sexe de la manière la plus dégradante qui soit.

Dans la boue et le sang, il me murmure à l’oreille que la romance est morte, que la nécromancie sera à la mode au printemps prochain, que ce ne sont que des histoires, et il me demande de plonger. J’obéis, les mains en avant, la tête en arrière, le corps dans le vide, ses doigts libres au fond de mes entrailles.

Tout s’accélère : la spirale se rétrécit bien avant que je ne puisse mettre de mot sur ce sentiment d’oppression, il m’attire doucement vers lui, ses incantations prennent de l’amplitude, de la vitesse. Puis l’accélération se transforme en précipitation au fur et à mesure que les courbes se contractent sur elles-mêmes.

Plus je m’enfonce, plus l’orgasme monte, si puissant que je cherche à me rattraper à quelque chose, un mur, une corde, un homme, mais je nage dans la bave, la mouille, un ruisseau, un torrent, un fluide dans lequel je finis par me raccrocher à un roc : son sexe, entre mes cuisses. Il jouit en moi, me laissant couler comme un sous-marin perdu dans les abysses.

Je pleure, de tout mon corps, en larmes, en sueur, en transe, en ayant pris le plus grand pied de ma vie.

Quand je me réveille dans le noir, ce pourrait tout aussi bien être ma chambre, ou une cave scellée pour l’éternité, ou le bout du bout du monde, là où la lumière n’ose plus se lever. Je me réveille avec une vague idée en tête, quatre lettres comme un code secret, comme une catégorie interdite de films pornos, XDDL, la hantise de toutes les demoiselles…