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Confessions Brutales n°5 : Une working girl tourmentée par un pervers sexuel en plein jogging

 

Trailer / Prologue

Pas une journée sans l’annonce d’une nouvelle technologie révolutionnaire : des applications fabuleuses, des produits connectés, des matières intelligentes…. il existe même des logiciels capables de distinguer différentes émotions sur un visage et de lire sur les lèvres. Mais aucun programme n’est encore capable de différencier un orgasme authentique de la grimace d’une simulatrice !

Si je devais donner mon corps à la science ce serait pour ce genre de projet. Je pense même que les chercheurs devraient plancher sur un programme de reconnaissance d’éjaculation faciale. Je n’en vois pas encore très bien la finalité mais cela me serait sûrement plus utile qu’un logiciel qui compte les kilomètres quand vous courrez à pied.

Parce que je ne coure pas à pied.

Et parce que je suis toujours prise de nausées à la vue d’un joggeur.

Il doit exister un plaisir masochiste à souffrir sans autre but que de relier un point A à un point B le plus vite possible en suant dans des fringues fluos ridicules.

Plus que du dégoût c’est une véritable hantise qui s’empare de moi en croisant ces somnambules en pleine fuite en avant. Je me vois à leur place – courant vers un inévitable danger – on appelle ça la hantise de la joggeuse isolée : s’imaginer qu’un malade mental se cache derrière chaque bosquet pour vous étrangler.

 

1 / Une putain de machine parfaitement huilée

La hantise de la joggeuse isolée ? Malika s’en foutait.

Elle se disait que c’était une excuse pour les faibles.

Malika se voyait comme une working girl à qui rien ne pouvait résister – comme une machine lancée comme une balle à travers la forêt.

Elle venait de parcourir très exactement 8,352 kilomètres à une vitesse moyenne de 11,4 km/heure.

À ce train là elle pouvait encore courir plus d’une heure avant de ressentir les premiers effets de la fatigue – son pouls était bas – son taux de glucose parfaitement dans la normale – Malika se sentait comme une machine – une putain de machine parfaitement huilée – performante comme jamais. Au top malgré la pression du boulot.

Une musique marquait le rythme de sa course : Break The Rules de Charli XCX. Et des yeux la suivaient. Tapis dans la forêt. Derrière le tronc d’un frêne décharné. Elle n’aurait pu les voir, trop concentré sur ses objectifs, ses stats, ses skills, son lifestyle.

Les yeux cachés dans le feuillage s’accompagnaient d’un visage et d’une tête qui abritait un cerveau.  Et ce cerveau malade commandait les mains rêches d’un colosse de plus de deux mètres de haut.

La bête bondit sur la joggeuse en ne lui laissant aucune chance de s’enfuir. Sur le coup elle pensa qu’il s’agissait d’un autre coureur maladroit mais elle n’eut pas le temps de réagir qu’un bâillon lui bloquait la mâchoire.

 

2 / Un vrai nid pour son petit poussin d’amour

Celui qui n’était encore qu’une ombre dans l’esprit de Malika la porta sur son épaule loin dans les bois.

Au terme d’une course folle l’homme la jeta sur le sol. Sur un tapis d’humus plus moelleux qu’elle ne se serait attendu. Dans son délire le malade mental avait préparé un petit nid douillet avec des feuilles de fougères et de la mousse.

Un vrai nid pour son petit poussin d’amour.

Il lui enleva le bâillon pour lui attacher les mains et les pieds. Cela voulait dire une chose : Malika pouvait crier autant qu’elle le voudrait – personne ne viendrait la délivrer – pas même le Prince Charmant, trop occupé à tester la dernière BMW série 5 ou choisir un polo dans la dernière collection Vicomte A.

Malika se souvenait de quelques conseils en cas d’attaque. D’un manuel d’autodéfense pour filles avec des prises kung fu mi-brutales mi-sexy. Mais l’enchaînement des figures se diluait dans l’adrénaline. Plus moyen de savoir s’il valait mieux taper un bon coup dans les couilles ou dans les rotules.

C’était ridicule : même avec un flingue elle aurait bien était incapable d’agir.

 

3 / Bloquage complet

Malika comprenait à peine ce qu’il lui arrivait.

Il fallut que son ravisseur sorte son sexe pour traduire enfin ses intentions cachées en idées concrètes. L’homme en noir l’avait mise sur le flanc pour mieux lui baisser son pantalon et faire apparaître sa petite culotte rose fluo Adidas spécial running.

Malika n’en croyait pas ses yeux. Sa bite était toute petite. Minuscule. Une petite bite d’enfant toute fripée. Il essayait de bander – si l’on en croyait la manière dont il l’agitait – sans espoir.

Blocage complet.

Dans les deux cerveaux.

Une chose l’empêcher sans doute de bander : sa captive aurait-elle dû crier peut-être ? aurait-elle dû se débattre pour témoigner de son absence de consentement ?? aurait-elle dû le supplier de ne pas lui faire de mal pour réveiller son émoi ???

Au lieu de se défouler sur Malika, l’homme en noir hurla une série d’insultes destinée à sa bite. Après s’être injurié de tous les noms il voulut s’en prendre à Malika. Les mains tremblantes, il commença à la secouer. Jusqu’à ce que l’iPhone de Malika tombe sur le sol. L’homme se saisit alors du téléphone pour marteler un arbre. Si fort qu’il explosa en plusieurs morceaux.

Sur ce coup-là, Malika fut révoltée.

L’inconnu venait de détruire son iPhone en guise de préliminaires.

C’était comme si on venait de lui péter un bras en deux. Pire : c’était comme si on venait de l’amputer d’un membre en détruisant ses stats et son carnet d’adresses. Mais elle ne se fâcha pas. Elle restait étrangement calme en se disant que malgré les liens qui la retenait elle avait la maîtrise de la situation.

 

4 / Un très bon chef de service

Malika avait eu l’occasion de détailler la silhouette noire pendant sa crise. Elle le trouvait ridicule avec son embonpoint, son début de calvitie et son petit zizi d’écolier. Il ferait un très bon chef de service, se dit-elle, un de ces connards qui me mettent la pression au boulot.

Si elle s’était retrouvée seule en pleine forêt un dimanche matin c’était pour se changer les idées et sortir de l’esclavage de son travail. Pas pour se faire violer par le premier timbré sorti de nulle part entre deux arbres.

Malika aurait dû avoir peur mais une drôle idée se frayait un chemin dans sa tête : à deux doigts du burnout, un enlèvement était une opportunité à saisir pour se sortir la tête du boulot. Elle n’aurait jamais osé espérer mieux.

Une excuse en béton.

Une manière comme une autre de remettre les compteurs à zéro.

Elle avait entendu parler de ces gens qui changeaient de vie après une catastrophe. C’était la chance de sa vie (si elle ne mourait pas dans la journée) car elle sentait bien que ce mec ne pouvait pas faire de mal à une chatte. Pas avec ce qu’il cachait honteusement dans son slip.

 

5 / Une fauve parmis les loups

Malika pouvait reprendre le contrôle de son destin. Ce n’était pas seulement un malade arrivé au plus point de la psychose qui lui faisait face. Sous le masque et les vêtements de chasseur il pouvait y avoir n’importe qui. Et surtout son chef.

Ou le chef de son chef.

Ou un autre chef.

Peu importait : une idée de vengeance se lisait dans les yeux de Malika.

Elle venait de passer de la nausée à l’embrasement.

Elle observait l’homme en noir comme une fauve. Il venait de prendre la place de la proie et ne le savait pas encore. Malika s’apprêtait à lui tendre la plus terrible des ruses : elle allait l’inviter à profiter d’elle, en douceur, pour mieux l’amadouer… quitte à se faire violer, autant que ce soit par de petites caresses… c’était cynique mais c’était comme cela qu’on lui avait appris à bosser. Elle avait appris qu’il fallait parfois accepter de se faire niquer pour mieux entuber ses clients et ses concurrents.

Et aujourd’hui – dans cette situation de crise – cela passait par une invitation folle : plutôt que lui demander de la détacher et de la libérer, Malika lui demanda s’il voulait qu’elle lui montre comment on caresse une femme.

Elle était prête à tout. Prête à se lâcher. Au bord d’une décompensation mentale aux conséquences irréversibles.

 

6 / Tu sens comme je mouille ?

Dans une acrobatie Malika arriva à passer les mains du dos vers l’avant et lui saisit le poignet.

C’était une technique comme une autre. Si elle devait mourir, autant qu’elle prenne du bon temps avant. Si elle devait se faire violer – même par un demi-mongolien doté d’un micropénis – autant qu’elle soit un minimum lubrifiée.

Elle se saisit d’une des deux grosses mains du type en noir et la colla dans sa culotte en le guidant comme un enfant à qui l’on voudrait faire découvrir le goût d’une confiture un peu amère :

Oui, c’est comme ça que ça passe, les doigts qui tournent doucement…

Et elle lui passait les doigts en long et en large du son sexe.

Oui, sans forcer…

Et elle commençait à presser de plus en plus fort entre les lèvres.

Oui, c’est là que ça fait du bien…

Et elle guida les doigts vers son clitoris.

Oui, en cercle, comme ça…

Et elle continuait à irriter son petit bouton gonflé.

Tu commences à sentir la chaleur là ?

Et elle lui fourra le doigt entre les lèvres ouvertes et glissantes.

C’est de la mouille…

Et il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas à quoi il avait à faire

Tu sens comme je mouille ?

Et elle le baladait de haut en bas et de gauche à droite sur son sexe en lui sortant toujours plus de saloperies.

Appuie encore sur mon clitoris… tu vois ce petit bouton… tout dur… juste là…

Et elle continuait à se branler avec la main de son tortionnaire en suivant la voie royale qui la mènerait vers l’orgasme.

C’est pas compliqué une femme… suffit juste de…

Et s’en fut trop pour Malika qui perdit la parole dans ce dernier souffle. Elle se laissa tomber dans les bras de l’homme qui appuyait de plus en plus fort, de plus en plus vite. Elle se laissait branler sans savoir si elle devait se comporter comme une victime, une sainte ou une salope.

 

7 / Un secret si gênant que même l’alcool ne pouvait pas vous le faire oublier

Une fois qu’il entra ses doigts dans sa chatte : c’est comme s’il venait d’appuyer sur un interrupteur qui l’envoya au-dessus de la canopée. Il avait touché à un truc qui fallait pas. Comme une machine où vous appuyez sur tous les boutons pour rigoler et à la fin ça se termine en catastrophe…

Malika devint incontrôlable sous l’effet d’un cocktail détonnant composé de molécules exotiques, endorphine, dopamine, amphétamine, produites par l’effort de la course à pied, la peur, et peut-être un brin de nostalgie.

Malika se trouvait précisément dans le même état que cette fameuse nuit qu’elle aurait aimé oublier.

Pour fêter sa Mention très bien elle s’était masturbée en public, en petit comité, dans une ambiance hip hop avec de la weed à gogo. Défoncée comme on peut tous souhaiter l’être un soir de résultats du bac, elle avait voulu imiter une star du R&B et avait complètement dérapé : la danse sexy s’était terminée le string à la main et deux doigts dans la chatte devant une assemblée de noceurs abasourdis.
Un secret si gênant qu’aucun alcool ne peut dissoudre.

 

8 / Malika la Beyoncé du 9-2

Un truc enfoui en elle qui la terrorisait venait de refaire surface : la peur de se lâcher et de faire n’importe quoi. Et surtout la peur de croiser quelqu’un au courant – car l’info avait circulé – cinq minutes après le show tout le lycée était au courant des frasques de la Beyoncé du 9-2.

Sur les photos : elle avait surtout l’air d’une Mariah Carey qui aurait un peu trop forcé sur le maquillage et les confiseries. Mais tous les mecs la trouvaient assez salope pour espérer la mettre dans leur lit.

Au boulot : elle était toujours dans le même état de tension. Avec ses chefs, surtout, et la moindre allusion à une soirée ou un diplôme faisait bondir l’aiguille de son radar à problèmes !

Pourtant Malika n’avait rien d’une idiote décérébrée.

Un collègue aurait pu la décrire de la manière suivante en quelques fun facts :

– une vraie guerrière,

– pas encore prête à s’avouer trentenaire,

– répète à qui veut bien l’entendre que si les gens détestent le capitalisme c’est parce qu’il les sort de leur misère.

Le look de Malika ? cheveux très courts, très sombres, comme ses yeux. Sans aucune faute de goût. Carrossée comme une voiture allemande : chemisiers moulés sur la courbe de ses deux beaux seins ronds – et jupes de tailleur ultra moulantes qui lui arrivent juste au-dessus des genoux pour remonter jusqu’au nombril en soulignant son ventre plat et ferme.


9 / Les sextoys ne mentent pas

Des petits amis ?

Malika avait essayé. Mais elle n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Elle aimait voir la chose sous la forme d’un contrat : juste des coups d’un soir quand l’envie se faisait trop forte. Et encore, après avoir joué les inquisitrices pour écarter les 3P (les puceaux, les pervers narcissiques et les porteurs potentiels de MST).

C’est avec des jouets qu’elle aimait prendre du bon temps.

Les sextoys ne mentent jamais.

Les sextoys vous attendent sagement dans leurs tiroirs et ne bandent pas mou à cause de la fatigue ou de l’alcool. Ils vous déçoivent rarement et vous pouvez même trouver du plaisir à le prêter à vos copines. Faire l’amour avec des machines lui rappelait à quel point elle était parfaite.

Il n’y a qu’une machine qui peut me faire parfaitement l’amour, avait-elle déjà dit à ses copines.

Pourtant, Malika savait qu’il lui manquait quelque chose et qu’elle ne pourrait se faire d’illusion éternellement sur cet objet qui lui faisait défaut : un vrai mec, un mec avec ses qualités, ses tares, ses fantasmes un brin salaces, un mec qui pourrait le temps d’un jeu érotique lui montrer qu’elle n’était pas la patronne qu’elle pensait être…

 

10 / Une impérieuse envie de se faire séquestrer

En perdant le contrôle dans cette forêt Malika venait de laisser des idées dégoûtantes et malsaines filtrer au travers de son esprit. Un drôle de fantasme s’était définitivement collé en travers de sa conscience : une impérieuse envie de se faire séquestrer.

Lorsqu’elle venait à bout de son catalogue d’obsessions – lors de ses masturbations enragées – il lui arrivait de fouiller le fond de sa malle à désir. Dans l’ombre de son imagination se cachait un certain type d’élucubrations qu’elle préférait oublier une fois le calme revenu. Des digressions sur le thème du kidnapping et son corollaire lubrique : des relations sexuelles forcées avec un ou plusieurs inconnus mal intentionnés.

Ca marchait à tous les coups : orgasme garanti à 100% satisfait ou remboursé.

Sauf que dans la vraie vie ça ne se passe jamais comme prévu. Malika ne pouvait plus supporter ces doigts qui lui trifouillaient l’intérieur. Elle n’en pouvait plus parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre, trop maladroit, trop brouillon.

Malika lui rattrapa la main encore plus fort pour s’envoler à nouveau. Pour une seconde. Le temps de se voir terrasser par un spasme de jouissance fulgurant. La chatte trempée, gloutonne, gloussante. Et au même moment, comme s’il était possible de recevoir un éclair de lucidité en plein orgasme : elle reçut un contre-ordre de la part de sa conscience.

 

11 / Le contrat

En pleine panique, Malika se demanda ce qu’elle faisait là.

Mais qu’est-ce que je fous là ?

Objectivement : elle se masturbait avec la main d’un type encagoulé qui se tripotait un petit zizi d’à peine cinq centimètres de long.

Un homme ? non, un porc au ventre de buveur de bière dont l’odeur du vice et de la pauvreté s’était incrustée au fond de sa peau. Il suintait par ses pores une odeur de clope macérée et les vapeurs tièdes du mauvais alcool de chez Lidl.

Il ne s’exprimait qu’en glapissements – l’œil débile et brillant de quelque animal solitaire tiré de son terrier pour assister à un rite solaire dont il était tout autant le sacrificateur que victime. Son regard se vidait de sa contenance à mesure que Malika reprenait le contrôle de ses émotions. Ses yeux pâlissaient, témoignage d’une irrévocable absence de vie intérieure, voire la preuve de l’inexistence de son âme.

Qu’est-ce qui s’est passé dans sa jeunesse pour qu’il devienne comme ça ? Tonton lui a mis son zizi dans la bouche, à moins que ce soit son entraîneur de foot ? se demanda Malika.

Elle commençait aussi à prendre peur et se demanda s’il comptait la buter.

Elle devait prendre une décision : anticiper, faire force de proposition, prendre en main les termes de son enlèvement. Comment ? En changeant les perceptions ! Voir son rapt sous les termes d’un échange de bons procédés. Un contrat… soit un échange de services comme un autre.

Malika se donnerait à lui pour quelques jours. Le temps de décrocher du boulot, des réunions, des objectifs, d’internet, des emails. Une digital detox à la barbare.

 

12 / La prédatrice

Malika n’eut pas le temps de formuler son offre que son tortionnaire essaya de lui monter dessus. Pour la baiser, bien entendu ! Mais le pauvre juta avant d’avoir pu la fourrer.

Trois petites gouttes translucides coulèrent sur les cuisses de sa captive, prise entre deux feux : un violent fou rire et une furieuse envie de faire mal.

Derrière sa carapace, sous le capot de la machine, sous le costume d’employée de bureau élevée en batterie, il y avait un animal, avec sa chair, ses névroses, ses cauchemars, ses règles parfois douloureuses, et surtout des envies de meurtres réprimées.

La prédatrice venait d’entrevoir la faiblesse de sa proie.

La fameuse prise de self-defense lui revint : une clé de bras / un kick dans le plexus / un étranglement radical.

L’homme en noir ne fut pas seulement immobilisé. Il cracha ses poumons et tomba raide mort sur le sol.  

Malika – en mode panique – vérifia si elle ne l’avait pas tué.

Il s’était juste évanoui : son cœur battait encore.

Malika apprécia ce court moment d’euphorie avant qu’une autre sensation ne prenne le dessus : celle de la sueur refroidie à l’azote liquide le long de sa colonne vertébrale. Un choc thermique mêlé à une impression égale de franche terreur : que devait-elle faire ? maintenant qu’elle était libre…

 

13 / Et la machine s’emballa

Malika se rendit compte qu’elle avait les cuisses pleines de mouille.

Étrangler l’homme l’avait presque fait jouir. Elle observa son sexe, gonflé et saillant entre ses cuisses. Son ventre tremblait sans savoir si cela venait de la peur ou de l’envie de se toucher à nouveau.  Elle passa un doigt timide sur le bord des lèvres pour constater à quel point elle était brûlante. Et son doigt glissa pour se caresser sur toute la longueur pour ouvrir encore plus son sexe. Sans penser à rien d’autre. Elle avait juste envie d’évacuer le stress – à sa manière – en se branlant de plus en plus fort – avec folie – avec fureur.

Malika ondulait contre ses doigts. Elle torturait son petit bouton qui n’avait jamais été aussi dur et radieux. Son cœur battait de plus en plus fort, creusant des vagues dans son ventre, une tempête qui atteignit son cerveau.  Elle sentait que quelque chose de bon aller arriver.

Et la machine s’emballa.

Malika leva les yeux au ciel.

Sa vue se troubla. Elle se laissa envahir par des impressions troublantes, par un plaisir ultime. Des petits jet de liquide s’échappèrent de son sexe quand elle jouit, inondant sa main et ses jambes. Elle giclait à grands jets sans comprendre que ce n’était pas de l’urine. Ca coulait comme une blessure mais c’était trop bon. Elle giclait sans arrêter de se branler.

Malika était devenue femme-fontaine. Sans aucune conscience de son nouveau super pouvoir. Elle cria en retombant sur le sol, trempée, déchirée, le souffle coupé, sur l’homme toujours inconscient.

 

14 / Après la soumission vint le temps de la domination

Dur retour à la réalité. Après avoir tutoyé le soleil, Malika se sentait comme brisée. Et ses envies de violence la reprirent.

Elle ne comptait pas s’en aller comme ça.

Après s’être laissé contraindre, l’autre face de son fantasme lui revenait en pleine figure : elle n’avait pas envie de reprendre sa petite vie. Elle ne comptait pas laisser ce pauvre type dormir, se réveiller et rentrer chez lui pour préparer un nouvel assaut contre une joggeuse un peu moins coriace.

Après la soumission vint le temps de la domination.

Une émotion brute. Un désir de vengeance dont l’objet n’était pas encore clair pour Malika. Un bloc de fureur aveugle contre les hommes, et pas seulement ses collègues de travail, ni ces connards qui l’avaient filmés le soir du bac…

Il lui était encore difficile de cerner les origines de cette révolte venue des profondeurs de son inconscient, d’une émotion forte venue de l’autre côté de la méditerranée.

Malika était une jeune femme moderne.

Pourtant – comme toutes les jeunes femmes de son âge et de son origine – elle était incapable d’échapper à l’idiosyncrasie manifeste de sa double-culture, de certains élans inscrits dans la chair, dans quelque combinaison de gènes situés dans une partie bien précise de son ADN.

On la prenait parfois pour une espagnole ou une portugaise, jamais pour une marocaine. Complètement occidentalisée (mise à part son physique et son teint olivâtre) il ne lui restait rien d’une orientale.

Malika avait toujours vécu en France. Sa culture d’origine relevait du folklore. Elle l’avait rapidement compris. Hors de question pour elle de jouer la comédie du ramadan ou du voile islamique. Elle se moquait autant des tartuffes qui sacralisaient le bled que des tenants de la prétendue culture française baguette-saucisson-pinard.

Malika se sentait cosmopolite, soit une femme occidentale à l’américaine.

D’ailleurs, quand elle se rendit aux USA tout le monde la prit pour une latina. Sauf qu’il ne s’agissait que d’une façade, et que son fantasme de secret de soumission/domination puisait ses racines dans ses origines métissées.

Une fantaisie commune aux françaises d’origines arabes.

Un imaginaire où se mélangent le meilleur et le pire des deux cultures : le romantisme du mauvais garçon mixé avec un soupçon de soumission à l’ancien colon. Le tout rehaussé d’une rébellion contre les structures familiales archaïques et la crainte du mariage forcé.

 

15 / Comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire

Cette combinaison de désirs contradictoires provoqua quelque chose de terrible dans son psychisme.

Comme si le dieu Janus tentait de regarder dans le même sens avec ses deux visages, dans un ces moments mythiques de résolution des conflits.

Son envie cachée d’en prendre plein le cul par tous les hommes de sa tour de la Défense avait donc son corollaire : en mettre plein le cul d’un homme qui représentait le dénominateur commun de son espèce : faible, lâche, masqué, mesquin, etc, etc…

Avant toute chose, Malika attacha l’homme avec son propre matériel. Elle fouilla dans son sac. Elle y trouva des cordes avec lesquelles l’homme fut réduit à l’état de saucisson. Il y avait aussi un marteau. Elle s’apprêtait à le tabasser, à lui fracasser le crâne, quand elle eut une autre idée.

Comment n’avait-elle pas pu y penser avant ?

Ce gros bout de bois de la taille d’un manche de pioche avait la forme d’un énorme phallus.

Elle n’eut aucun mal à lui faire rentrer dans le cul. Le mode d’emploi était simple et sa volonté de fer. Chaque coup de manche qu’elle lui mettait dans le cul la libérait d’un poids et la portait vers une forme nouvelle de jouissance.

Malika se serait attendue à ne rien sentir mais c’était tout le contraire : elle était le manche, en connexion directe avec l’outil, l’organe, une connexion concrète qui l’excitait à mort : elle n’osait même pas se toucher.

Ses seins étaient toujours d’une sensibilité extrême et son sexe lui donnait l’impression d’un fruit tropical, mûr et sucré, sûre qu’un seul mouvement suffirait à l’expédier à nouveau dans les airs. Prise d’une folie furieuse, elle voulait être sûre de lui faire assez mal avant de s’en aller. Et cette sodomie brutale ne trouva son point d’arrêt que lorsque de le manche du marteau trouva toute sa place dans le cul du méchant.

Afin de pousser le simulacre jusqu’à son paroxysme, Malika posa son sexe contre le morceau de métal qui venait de buter entre les fesses du méchant, comme pour singer un acte de sodomie physique.

Le simple contact du métal sur le bout de son clitoris suffit à la faire jouir à nouveau. Malika s’enflamma comme l’on démarrait une machine de chantier – en fanfare et dans le chaos – comme un prototype de scie-sauteuse révolutionnaire, sauvage et hors de contrôle.

 

Epilogue / Le violeur au micropenis

Malika se réveilla dans son petit nid douillet, baignée des rayons du soleil couchant, enveloppée par les effluves de fleurs. Quand elle fut totalement revenue à elle-même, qu’elle se sentit capable de se rhabiller et de reprendre le chemin, elle ramassa les miettes de son iPhone sans penser un seul instant à retirer le manche qu’elle avait planté dans le fondement de son tortionnaire.

Et c’est ainsi que les Gendarmes retrouvèrent le violeur au micropénis. Surnom donné par des journalistes frileux qui n’eurent pas l’audace d’oser le violeur au manche de marteau dans le cul.

Malika déclara qu’elle n’avait aucun souvenir de ce qu’il s’était passé. Si l’on en croyait les rapports des enquêteurs, un joggeur inconnu lui aurait permis de s’enfuir.

Mais au fond d’elle-même – quand elle y repensait – Malika n’était pas rassurée. Elle se disait que l’enfer n’était pas forcément une atroce fournaise ou une session de recrutement pour jeunes cadres dynamiques.

L’enfer pouvait aussi prendre la forme d’une forêt agréable un matin de printemps, avec des petits oiseaux qui gazouillent de branches en branches. L’enfer ce pouvait être ce petit coin de paradis verdoyant mais avec un bout de bois planté dans le cul pour l’éternité.

XXXZK#2 : Comment j’ai inventé Twitter en me branlant dans les toilettes d’un bar à cocktail

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Intro / Prologue

Aucun auteur de science-fiction n’aurait pu anticiper les années 2000.

Comment aurait-on pu imaginer l’effondrement sans cesse répété des Twin Towers sur nos écrans ? ou prévoir l’incontrôlable multiplication des téléphones portables dans nos sacs à main ?

Ma contribution aux années 2000 tient de ce genre de miracle improbable : j’ai inventé Twitter sans le savoir, une nuit de juin, en recevant un coup de fil aux airs de prophétie. Le décor était flou et un goût d’alcool dans la bouche me rappelait à mes abus de la veille. J’eus à peine le temps de vérifier s’il n’y avait personne d’autre dans mon lit que le téléphone vibrait à nouveau.

Je composai le 888 en pilote automatique et m’attendis à reconnaître la voix d’une copine dans le haut-parleur – un truc du style : allo Ziggy je sais il est quatre heures du mat’ mais tu devineras jamais ce qu’il vient de m’arriver… et de conclure par le plan le plus pourri du début de millénaire.

 

1 – Comme un processus chimique en entraîne un autre

En lieu d’amie en galère, une voix d’homme au fort accent du sud-ouest avait laissé une trace dans ma boîte vocale – un message insensé – je l’écoutais plusieurs fois en cherchant lequel de mes potes était à l’origine de ce canular.

À la dernière écoute, j’avais réussi à me convaincre que ce mec s’était trompé de numéro. Mais ses paroles continuaient à résonner dans ma tête, portées par la dissolution des dernières molécules de tequila dans mon organisme.

Comme un processus chimique en entraîne un autre, les mots crus de l’anonyme réveillèrent ces petits papillons endormis dans le bas de mon ventre. Ma main glissa dans les draps à la recherche d’une prise, sur la peau, entre les cuisses.

Je me caressai en regrettant mon geste : j’avais supprimé le message bien trop vite – j’aurais aimé réentendre ses mots en m’effeuillant – les doigts écartant les grandes lèvres pour mieux pincer les petites.

Mon sexe me semblait aussi rugueux que la voix de l’inconnu, mais bientôt je mouillais assez pour oublier cette analogie douteuse.

 

2 – Une théorie sexuelle du chaos

Après m’être triturée les lèvres dans tous les sens et qu’un jus gras me coulait dans le creux de la main, toute envie de réflexion m’avait quitté. Je n’avais qu’une idée en tête, attraper mon clitoris pour le faire craquer entre mes phalanges.

Je l’effleurais, le chatouillais, jusqu’à dénicher la petite boule de sa cachette.

Mes caresses ricochaient sur le souvenir de la voix de l’inconnu. Je cherchais à reproduire sur mon sexe les sensations de ses intonations mélodieuses. Je retranscrivais par de petits coups secs sa manière brutale de couper l’échange. Je me touchais, timide et vicieuse, en l’imaginant encore au bout du fil, à l’écoute des moindres modulations de mon souffle.

Les mots du répondeur, en résonant de la sorte avec mon plaisir, provoquèrent une nouvelle association d’idées : une lubie, fulgurante, de faire l’amour à travers le téléphone.

Il me fallait trouver un moyen de me connecter avec cet homme.

Pour répondre à cette folie, ma main libre se saisit du portable pour le fourrer dans ma culotte, et dans l’ivresse qui était la mienne, je ne l’entendis pas sonner. Il venait d’entrer dans ma chatte, poussée par d’incontrôlables soubresauts. Je me branlais d’une ardeur sans égale avec ce gode improvisé dont les vibrations me firent littéralement bouillir de l’intérieur.

Comme dans une théorie sexuelle du chaos, la pression de quelques touches de téléphone à l’autre bout de la ville venaient de déclencher une catastrophe naturelle dans mon lit. Le battement d’aile du papillon, devenu tornade, entraînait tout sur son passage. En une série de chutes et de déflagrations. En une secousse sismique qui ressemblait fort à un orgasme.

Ces images s’imprimaient aussi bien dans mon crâne que dans mon ventre, et quand l’explosion fut trop forte, je lâchai prise vers le chemin du sommeil, saoule de bonnes vibrations.

 

3 – À la vitesse d’un parpaing lancé du sommet d’un gratte-ciel

Au réveil, je découvris l’appel en absence et la couche de macule recouvrant la coque du Nokia. Je consultai mon répondeur pour me rassurer sur son état de fonctionnement. Une femme, une inconnue, m’annonçait être en mesure de prouver que nous vivions dans un univers parallèle.

Si ce message ne m’était pas directement adressé, il fit remonter à la surface les souvenirs de la veille. Tout me revint à la vitesse d’un parpaing lancé du sommet d’un gratte-ciel : les bars – les cocktails – mes copines – et les toilettes décorées par les clients.

Entre les traditionnels messages orduriers et les stickers publicitaires, une liste de numéros de téléphone occupaient la quasi-totalité d’un pan de mur.

Partie pour une mauvaise blague, j’allais inscrire le 06 d’une amie d’un coup de rouge à lèvres. Au dernier moment, je changeai d’avis pour y inscrire le mien. Je n’eus pas le temps de regretter cette décision qu’un numéro masqué tentait de me joindre à nouveau : je décrochai pour me faire raccrocher au nez.

Après le petit-déjeuner, je ne regardais plus mon téléphone de la même manière. Mais ce n’était pas grave. J’allais retourner au bar pour mettre un bon coup de marqueur par-dessus mon numéro et réparer mes conneries.

 

4 – Mon instinct avait décidé pour moi

Quand le téléphone sonna pour la troisième fois de la matinée, je pris peur et n’osai pas répondre. Mes doigts refusaient de composer le numéro du répondeur où m’attendaient de nouvelles paroles énigmatiques : nouveau standard Marco Polo Paris 12 toilettes des hommes.

Comme j’avais toute la journée à tuer avant l’ouverture du bar de la veille, je fonçai à l’adresse indiquée. Il fallait que je bouge, que j’occupe mon cerveau avec quelque chose, un tour en métro, une petite marche et un Cherry Coke commandé avec la voix chevrotante.

Dans l’une des cabines de toilettes, je restai stupéfaite devant le standard : des dizaines de numéros – du sol au plafond – écrits par la même main.

Un grondement me fit sursauter.

Celui d’une porte que l’on claque, suivi par d’une série de bruits de pas.

Immobile, toute mon attention se portait sur le murmure de l’homme qui venait d’entrer. Je pensais qu’il allait s’adresser moi – je n’entendis que le zip de sa braguette et le crissement de ses poils pubiens lorsqu’il sortit son sexe de son slip.

La main prise de tremblements, je secouais mon téléphone comme j’aurais branlé un mec. Je priai pour qu’il ne sonne pas et j’imaginais toutes les possibilités : l’homme allait entendre le bruit de tonnerre que faisait mon coeur dans ma poitrine – ma peur déclencherait sans nulle doute son érection – il n’aurait plus qu’à pousser la porte, la bite à la main, pour abuser de moi.

Je délirai en attendant de voir son visage pour de vrai, prête à me pisser dessus à cause de la trouille. Quand il tira la chasse et s’en alla, je baissai mon pantalon et repris mon souffle en posant mes fesses sur la lunette.

Je restais assise un long moment après avoir fini mon pipi.

J’attendais.

Je ne savais pas ce que j’attendais, mais j’étais sûre que quelque chose allait se passer. Je compris quand un autre homme fit son entrée dans les toilettes. La situation m’excitait tellement que je n’étais plus en mesure de réfléchir.

Mon instinct avait décidé pour moi.

 

5 – À deux doigts de la mort

J’étais prête. Le doigt sur la gâchette. Prête à me toucher en imaginant la tête du type d’à côté, en jaugeant la gamme de réactions possibles s’il venait à découvrir une fille en pleine branlette dans la cabine voisine, à moins d’un mètre de sa bite. Une fille qui se doigtait en silence, en retenant ses soupirs, en fouillant les parois granuleuses de son vagin, de plus en plus trempées à mesure que la température augmentait.

Après son départ, l’excitation monta encore d’un cran.

Je composai le premier numéro du standard pour partager cet instant avec un inconnu, sans vraiment savoir ce que j’allais dire. Je laissai passer le message d’accueil et me limitai au plus court : Je viens de me… me branler… à côté d’un hommemon doigt… dans ma chatte… et mes cuisses… écartées…  

Je ne m’arrêtai pas à ce coup d’essai et envoyai une série de messages du même calibre en suivant l’ordre de la liste, en me branlant de plus en plus fort.

Je commentais la progression de ma masturbation d’une voix réduite à un souffle, jusqu’à ce que les mots me manquent, jusqu’à ce que la sonnerie du téléphone se mette à hurler comme un diable sorti de sa boîte.

Au bout du fil, une voix de robot débita deux phrases distinctes : Pas plus de 14 mots / Numéro privé sinon blacklisté.

Les deux règles inflexibles s’étaient gravées dans ma tête en même temps qu’apparurent les étoiles au plafond. Un tourbillon de flash jaunes-oranges, de comètes rouges de désir, aussi bruyantes qu’un groupe d’oiseaux pris de vertige avant le départ pour la grande migration.

À la limite du malaise, je m’accrochais à mon téléphone avec l’idée que ma dernière heure était venue.

J’allais mourir sur place, à moitié nue, deux doigts bien plantés dans la chatte.

Les frissons de la terreur et de l’orgasme m’enveloppèrent en même temps, dans une vague de plaisir aux saveurs complexes. J’avais joui si fort et j’avais eu si peur que je m’en étais mordus la main jusqu’au sang.

Quand les émotions refluèrent, je sentis des larmes couler sur mes joues. Je pleurai de joie, comme si après avoir frôlé la crise cardiaque ou quelque forme d’attaque cérébrale, je découvrais qu’un orgasme m’avait ramené à la vie.

C’est dans un état second que je m’enfuyai sans me laver les mains ni payer mon verre, si vite que je ne savais plus si j’avais laissé mon numéro sur le mur.

 

6 – Le Grand Jeu

Depuis cet incident, je ne sortais plus sans un petit carnet et des marqueurs au fond de mon sac. L’expérience ne m’avait pas refroidie, bien au contraire. Je n’avais pas cherché à effacer mon numéro dans l’autre bar et reçus une tonne d’annonces de plus en plus bizarres dans les jours qui suivirent :

– Un gros bourrin, vulgaire au possible, m’avait laissé une dizaine de messages et autant de variations autour du thème de la sodomie bestiale.

– Une jeune fille complètement à côté de la plaque hurlait des refrains de Britney Spears dans sa chambre de bonne.

– Un aristocrate à l’élocution parfaite lançait des appels à la révolution conservatrice depuis son donjon SM du quatrième arrondissement.

– Une femme, ou un homme, à moins que ce ne soit un transsexuel, totalement parano, s’adressait au Gouvernement et aux Renseignements Généraux par l’intermédiaire de ma boîte vocale.

Il y avait aussi ce mec dont le hobby consistait à distribuer des missions à ses correspondants. Ce matin-là, il me proposa d’attacher des pinces à linge au bout de mes seins. L’idée m’avait vaguement tenté, sauf qu’un autre programme m’attendait.

Déguisée en agent secret – lunettes noires, imperméable et jean passe-partout – j’allais faire mon entrée dans le Grand Jeu.

 

7 – Et le téléphone finissait toujours par sonner

Je m’apprêtais à ouvrir mon premier standard dans un bar où je n’avais jamais mis les pieds. Pour ce coup d’essai, j’inscrivis une vingtaine de numéros récupérés à droite à gauche, et n’oubliai surtout pas d’ajouter le mien en bout de liste.

Avant de disparaître, je m’adonnai à ma spécialité : mon rôle de nymphomane enfermée dans les toilettes. Je laissai à mes correspondants une série de communiqués à caractères sexuels en me branlant pour de vrai.

Il était possible que le patron passe un coup de peinture dans une heure, réduisant à néant mon travail, mais j’avais pris du bon temps. Le shoot d’adrénaline dépassait tout ce que j’avais essayé jusqu’à présent, drogues y comprises.

Mes branlettes téléphoniques valaient largement un coup d’un soir. C’est pourquoi j’en étais venue à inscrire mon numéro partout où c’était possible, sans en parler à mes copines, plus par prudence que par goût du secret.

Je nageais entre le réel et le virtuel, en craignant parfois que tout cela ne soit qu’un grand délire, me demandant si ces aventures n’étaient pas le produit d’un mauvais rêve érotique. Et le téléphone finissait toujours par sonner. Je replongeai alors dans mes imprudences masturbatoires en compagnie d’inconnus.

 

8 – La Femme Araignée et l’Homme à la Cagoule

Une fois dans la boucle, il était difficile de sortir de ce réseau social clandestin, sorte d’internet primitif des toilettes. Vous pouviez toujours tenter d’effacer votre numéro. Il finirait par ressortir à l’autre bout de la ville, de la France, voire à l’autre bout du monde, reproduit, répliqué, pour ainsi dire retweeté.

Je n’aurais su dire depuis quand existait cette technologie. Il était possible qu’un homme des cavernes en soit à l’origine – ce qui expliquerait pourquoi ce jeu réveillait en moi des obsessions d’un autre âge.

À l’écoute des voix inconnues et de leurs communications cryptées, mon imagination empruntait des chemins pour le moins sinueux – un labyrinthe d’hallucinations, de masques et de conspirations inavouables.

Un soir, j’avais fait faux bond à mes amies pour m’enfermer dans les toilettes d’un club privé. Je venais de recevoir le message de celle que j’avais surnommé la Femme Araignée. Ce message – ou un verre de trop – m’avaient rempli d’une implacable envie de me faire baiser de force et dans les toilettes des hommes par des créations de mon esprit : la Femme Araignée et son complice, l’Homme à la Cagoule.

Je devinais dans la voix de la femme un plaisir malsain, celui qu’elle ressentait à me livrer à la fureur de son amant masqué, celui dont les interventions se limitaient à pousser des grognements dans le combiné.

Ce soir, tu laisseras de côté ton costume de petite branleuse, semblait-elle me dire en tissant les mots avec ses lèvres sombres, fini le temps où tu pouvais allumer ton petit monde au téléphone. Ce soir, les salopes dans ton genre vont devoir payer leurs affronts.

Sur ces paroles, la Femme Araignée aurait pris les choses en main, à la fois guichetière et maîtresse de cérémonie. Elle aurait fait payer l’entrée à quelques VIP – hommes et femmes triés sur le volet – tout en commentant l’action.

Pour commencer, elle m’aurait arraché mes vêtements, sans que je n’oppose de résistance. La voir se venger de mes appels masqués me procurait un certain plaisir. Je n’étais une proie prise dans sa toile, mais une proie que la peur faisait mouiller.

Constant mon état d’excitation avancé, elle aurait pris l’Homme à la Cagoule par les couilles. Un homme réduit à l’état de brute, à peine capable de discerner le trou de mon cul de celui d’une serrure, mais qui, une fois guidé dans ma fente, allait me baiser comme un animal. Aidé par les petites pattes blanches de l’araignée, l’Homme à la Cagoule se ferait un chemin avec son énorme queue. Une queue si grosse et si longue qu’elle ne rentrerait pas entière dans mon corps.

Sous les grognements paillards de la Cagoule, la Femme Araignée continuerait à faire l’article, à réciter un à un l’intégralité des messages que j’avais laissés sur les messageries des autres joueurs.

Elle en profiterait aussi pour égrener ses traditionnelles recommandations sur l’hygiène et la discipline, en expliquant que je n’étais qu’une gamine à peine bonne à lécher un cul. Pour illustrer sa sentence, elle lèverait sa robe – une longue robe de tulle noire – pour pointer ses fesses en plein sur ma face.

Un cul blanc, rosé, à la raie parfaitement rasée.

Et l’Homme à la Cagoule, dans un geste sordide, m’aurait poussé la tête entre les deux fesses de l’araignée. Il aurait grogné en s’aggripant à mes cheveux, en me baisant encore plus fort, pour me faire comprendre que je devais tirer la langue et lécher la rondelle de notre maîtresse adorée.

Je me sentis alors sur le point de jouir.

Pour accélérer les choses, j’invoquai des senteurs animales, d’un fauve ou d’une bête à cornes, ou encore le piquant d’une claque sur mes fesses… des images qui me firent perdre la tête et toute notion du temps.

Mon fantasme était barbare, ma branlette violente et mon plaisir fulgurant.

Je rouvris les yeux aussi vite que j’avais joui – devant une cloison remplie de numéros. Quelqu’un était passé avant moi et je remarquai, pour la première fois, que le standard était pour ainsi dire signé.

 

9 – Une histoire sans fin ni début

Les jours qui suivirent, je courus la ville à la recherche d’autres standards et retrouvai les signatures des Triptop, Tristero, Trickster et autres Tonton Bob.

Que des initiales en T.

Comme Téléphone, Télécommunication, ou Tais-toi sinon il va t’arriver des ennuis.

Il me fallait trouver un pseudo qui claque. Twister me plaisait bien, mais il était déjà pris par un autre utilisateur. Alors je me rabattis sur Twiter, sans aucune référence au chant des oiseaux. Je pensais davantage à la manière dont je parlais dans le téléphone, à ma petite voix aiguë transportée par les enceintes tweeters.

Avec le recul, je comprends que les coups de fil reçus et envoyés sonnaient comme des tweets. Ce que je suis incapable d’expliquer, c’est comment mon pseudo a fini par devenir le nom d’un géant du web.

Le plus simple est encore de ne pas chercher d’explication : il n’y a ni début ni fin sur le web, et aucune logique à chercher entre les informations. Malgré tout, j’estime qu’il était temps de mettre à jour les liens obscurs qui relient la création de Twitter et la mort de notre réseau de standards.

Epilogue

À mesure que le web avait pris de l’importance, les appels secrets avaient diminué, jusqu’à disparaître. Les messageries instantanées marchaient du tonnerre, les blogs venaient de voir le jour et j’avais commencé à craindre d’être la dernière à écrire sur les murs.

Me retrouver chez les flics – accusée d’avoir tagué les toilettes d’un millier de bars à travers le monde – n’avait rien de fun. Alors je changeai de téléphone en 2003, et par là même de numéro.

Jamais je n’aurais pu croire que deux ou trois ans plus tard, comme une bouteille lancée à la mer, mon pseudo de standardiste nymphomane allait refaire surface de l’autre côté de l’atlantique pour envahir la planète.

XXXZK : les dossiers triple X de Ziggy Kaïros

Je lancerai d’ici quelques semaines une nouvelle « collection » de textes.
Nom de code : XXXZK, pour les dossiers triple X de Ziggy Kaïros, avec de nombreuses confessions personnelles, mais aussi des confessions de lecteurs et de lectrices… pour le premier volume j’ai choisi de m’attaquer au sujet des jumeaux, de leur sexualité monstrueuse qui n’a pas fini de me faire tourner la tête…

J’aime / J’aime pas

Plutôt que des secrets, j’aimerais vous proposer, lecteurs chéris, un petit inventaire de choses que j’aime… et de choses que je n’aime pas.

Soyons positif, commençons par un « j’aime » :

J’aime écrire avec la musique à fond.
Je n’aime pas quand on regarde par-dessus mon épaule pendant que j’écris.
J’aime parfois écrire avec une main dans la culotte.
Je n’aime pas quand je perds le fil de mon histoire après m’être masturbée un peu trop fort.
J’aime le sexe, vous devez vous en douter.
Je n’aime pas quand on retrouve une faute dans mes textes.
J’aime les textes qui claquent et font monter la température dans les culottes.
Je n’aime pas la romance, ça craint.
J’aime voir les garçons se retourner sur mon passage.
Je n’aime pas quand ils sont trop doux et que mon envie de soumission est trop forte.
J’aime la couleur des étincelles dans les yeux d’une amante.
Je n’aime pas les refus polis.
J’aime l’instant juste avant qu’un homme ne jouisse en moi.
Je n’aime pas quand ils se retirent de mes reins pour se contenter de jouir sur mes fesses.
J’aime sucer des sexes, tous les types de sexe, féminins, masculins, tous…
Je n’aime pas les filles trop timides.
J’aime les filles qui cachent leur jeu.
Je n’aime pas l’odeur de la lavande.
J’aime l’énergie du sexe au lever du jour.
Je n’aime pas les mecs qui ne me voient que comme une putain.
J’aime parfois ne pas avaler, juste m’amuser à faire couler le sperme sur ma gorge et mes seins.
Je n’aime pas spécialement les partenaires honteux.
J’aime parfois le goût du sang.
Je n’aime pas quand les bleus marquent la peau trop longtemps.
J’aime l’odeur du café, au petit matin, quand il possède un arrière-goût de sexe.

25 (autres) secrets

  1. Certains disent que je suis insupportable…
  2. je ne les crois pas un seul instant.
  3. D’autres disent que je suis une gentille fille…
  4. c’est qu’ils ne me connaissent pas.
  5. Des garçons m’ont traité de salope…
  6. certains avaient raison, d’autres non.
  7. Des filles m’ont traitées comme une salope…
  8. j’ai parfois voulu leur donner raison.
  9. J’ai pris certaines filles pour des cochonnes…
  10. elles se sont révélées déesses.
  11. Même à mon âge, mon père me dit encore que je suis une petite princesse…
  12. et ma mère me répète à l’envie que je suis une fille à papa…
  13. ce qui est également l’avis de mes deux grands frères…
  14. qui me soupçonnent tous les deux d’avoir essayé de leur piquer certaines de leurs copines…
  15. ce qui n’est pas complètement faux…
  16. mais pas totalement vrai puisqu’aucune d’entre elles n’a répondu favorablement à mes appels.
  17. Elles disaient que j’étais un peu folle…
  18. savaient me faire comprendre qu’elles n’étaient pas bisexuelles…
  19. mais je me doutais bien qu’elles n’étaient pas insensibles à mon audace…
  20. et qu’elles ne devaient pas se sentir tranquilles en songeant à mes impertinences.
  21. Je garde encore le souvenir de certaines…
  22. les plus revêches, les plus coriaces…
  23. et parfois les moins belles…
  24. d’autant plus rebelles à mes yeux qu’elles ne trahissaient aucun autre sentiment à mon égard qu’une indifférence polie…
  25. ce qui était déjà pour moi les prémices d’un désir trahi.

25 choses à savoir sur Ziggy Kaïros

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  1. Je suis une fille.
  2. Je suis une fille (je le répète, car on me le demande assez souvent).
  3. Ziggy est mon vrai prénom.
  4. Mon père était une sorte de hippie londonien qui aimait un peu trop David Bowie (ce qui explique le point précédent).
  5. Kaïros n’est pas mon vrai nom.
  6. Le kaïros est, entre autres, le moment juste pour saisir une opportunité.
  7. J’ai plus de 30 ans…
  8. ce qui fait de moi une vieille peau sur Wattpad où certains de mes lecteurs et lectrices ne peuvent même pas me lire à cause des restrictions d’âge.
  9. J’aime les garçons.
  10. et j’aime les filles…
  11. et plus particulièrement une fille en ce moment…
  12. Je suis outrageuse dans mon attitude…
  13. Et outrancière dans mes propos (à moins que ce ne soit l’inverse).
  14. J’aime provoquer…
  15. et j’aime que l’on me provoque…
  16. mais je ne supporte pas que l’on m’impose sa loi !
  17. Ma devise personnelle est empruntée à une chanson de Depeche Mode
  18. La voici : I don’t want to start any blasphemous rumours, but I think that God’s got a sick sense of humour, and when I die I expect to find Him laughing
  19. J’écoute Depeche Mode en rédigeant ce texte.
  20. Je chante aussi en écoutant Depeche Mode.
  21. Comme vous pourrait le comprendre, Depeche Mode pourrait figurer dans ma liste de groupes préférés.
  22. Je ne porte que très rarement une cagoule…
  23. uniquement pour les jeux sexuels.
  24. J’écris des fictions depuis des années.
  25. J’ai enfin décidé de publier une série de fictions sur internet.