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Je ne suis pas une princesse

Whta The Fuck joconde porno

J’ai compris ce jour-là que je n’étais pas une princesse.

Ils furent des dizaines à s’agiter autour de moi. J’étais assise sur la plage. Je ne voyais rien d’autre qu’un mur de ventres et de cuisses. Une masse de corps plus ou moins bronzés, poilus, musclés. Des tas de mains accrochées à des tas de bites dures ou molles, roses ou brunes, longues ou petites. Chacune d’entre elles faisait l’objet d’une agitation frénétique. Tous grouillaient dans ma direction comme un nid de frelons où les jurons et les râles se mêlaient dans une grande respiration. Chacun laissait sa trace sur mon corps et s’en allait. La place était vite reprise par un autre, plus tendu, plus excité, qui allait lui aussi cracher son foutre sur la putain du jour.

Ils furent des dizaines, peut-être une centaine, à s’être agité autour de moi, dans mon dos, sur mes épaules, mes seins, mes hanches, mon ventre, mes cuisses, mes fesses. Il y en coulait de partout. Il en sortait de partout. Des petits panaches blancs, translucides, des flash comme des javelots. Même le sable était trempé du foutre de ces hommes rendus fous par mon érotisme stoïque. Le mouvement perpétuel de leurs queues fusionnant avec leurs mains m’avait comme hypnotisé. L’agitation de ces bouts d’hommes coupés au niveau du ventre contrastait avec ce que je ressentais à l’intérieur de moi : un calme parfait – presque une absence totale d’émotion – quelque part sur la crête du Nirvana – au-delà du plaisir et de la dégradation.

Le soleil n’en finissait pas de se coucher et un feu d’artifice battait son plein sur mon corps. Calme, pétrifiée dans une pose de Venus blanchie par la glaise tiède, j’étais devenue une Joconde impassible derrière une paire de lunettes de soleil.

Quand j’eus épuisé le dernier des prétendants, lequel cracha un fond de couilles mollasson sur la pointe de mes pieds, j’ai compris que je n’étais pas une princesse. Je n’avais d’ailleurs jamais été une princesse et je n’aurais plus jamais envie d’être traitée comme telle.

J’ai ensuite marché sur la plage le corps recouvert d’une seconde peau de sperme et j’acquis la certitude d’être devenue une Reine, une Impératrice, une Déesse qui plongea dans les eaux de la Méditerranée pour se laver de la souillure des hommes et retrouver son lointain royaume.

Sasha Grey’s society

Sasha Grey's Society

Je viens de terminer Juliette Society, le premier roman de Sasha Grey. À aucun moment je n’ai pu me défaire de l’image et de la présence son autrice. Son visage, son attitude, son regard et sa paire de seins pâles m’ont collé à la peau.

S’il est clair que Sasha Grey joue de son image en confrontant ses héroïnes à leurs doubles, cela ne réduit pas le trouble qui m’a saisi tout au long de ma lecture.

J’étais directement interpellé, moi qui ai pris la décision de masquer mon identité derrière un pseudo crypté et un avatar clandestin de fille à cagoule. La question se posait. Devrais-je, moi aussi, jouer sur cette ambivalence, quitte à me servir de mon cul pour vendre des livres ? Ou dois-je me conforter dans l’idée que j’ai fait le bon choix : écrire en totale rupture avec mes activités de sexcameuse pour ne jamais donner prise au lecteur sur autre chose que sur mes mots.

Horoscope sexuel du mois de juillet (Cancer)

Horoscope cancer juillet

Juillet : c’est le moment de relâcher la pression pour relancer votre année en beauté.

Alors… mer ou montagne ?

Sport ou farniente ?

Soleil ou musées ?

Peu importe votre choix, je ne saurais trop vous conseiller de changer vos habitudes – de manière radicale. Pour les hommes, ce sera simple : il suffira de vous montrer serviable et faire preuve de franchise dans toutes les situations de la vie. Ce qui, pour les hommes cancer, est loin d’être gagné d’avance.

Pour les femmes cancer, c’est différent.

La conjonction de la Lune, de Venus et d’Uranus pointe vers une seule et même direction : dévoiler toute l’étendue de votre féminité, le temps d’un été.

Je vous l’accorde, la formule sonne comme un gros titre de magazine féminin. Pourtant, c’est un trip à la sauce Public Disgrace que je vous propose.

Ma copine Marina – une de mes copines badass – adore les vidéos du site publicdisgrace.com : genre, ils emmènent une fille dans un bar, ils lui arrachent ses fringues, ils la traînent à poil un peu partout et l’humilient devant une foule de clients survoltés en lui recouvrant le visage de sperme.

Quand nous avons commencé à parler de ces vidéos avec Marina, elle m’a confié qu’elle se faisait venir presque toutes les nuits en les regardant. Comme Marina était cancer ascendant cancer, et que le mois de juillet venait tout juste de commencer, je lui ai dit que je pourrais l’aider à réaliser ses rêves.

Elle aimait l’idée mais je suis sûre qu’elle pensait que ça resterait un simple fantasme – un truc que l’on se raconte entre filles après trois ou quatre mojitos bien tassés. J’avais autre chose en tête. Je lui avais demandé de me montrer sa vidéo préférée en rentrant chez elle.

Elle m’a montré une des vidéos sur son Macbook. Pour tout vous dire, nous avions déjà couché ensemble il y a quelques mois, durant l’une des nuits les plus chaudes des dernières fêtes de fin d’année. C’était un moyen comme un autre de passer aux choses sérieuses à nouveau.

Sur le canapé, j’ai commencé à lui masser le bras pendant que la vidéo passait. Elle ne s’est pas fait prier pour glisser une main le long de son ventre. Une émotion se lisait dans ses yeux brillants. Elle partageait un moment de rare complicité avec moi, elle me montrait ce qui l’excitait le plus au monde et allait m’en apporter la preuve en me servant son orgasme sur un plateau.

Marina devenait de plus en plus rouge et de plus en plus molle dans ses réactions, de plus en plus en symbiose avec l’actrice qui se faisait triturer le bout des seins par un pervers à chapeau de cowboy.

Un voile est passé sur son visage, un bref rictus. Elle juste était sur le point de jouir. J’attendais ce moment avec impatience, dans le seul et unique but de la stopper au bord de la jouissance.

J’avais eu cette idée en voyant l’actrice se faire bander les yeux et branlée de force par le cowboy : je lui ai bloqué la main et je lui ai enfoncé la tête dans les coussins juste avant que son ventre ne s’embrase. Je lui bloquais la tête en lui racontant ce qu’il se passait à l’écran – les sévices que devait supporter la fille – sucer des bites à la file – se laisser enculer entre deux fessées – toujours les yeux bandés – pour mieux cacher ses larmes – j’en rajoutais, j’inventais, je lui disais que j’allais lui faire subir la même chose – je lui ai dit que des visiteurs venaient d’entrer chez elle et qu’ils voulaient la regarder se masturber avec ma mouille sur son visage. Après lui avoir dit tout ça, je me suis assis sur son visage. Elle m’a sucé le bonbon à travers la culotte en reprenant sa branlette de plus belle. À chaque fois que je la sentais venir, je lui attrapais les mains pour l’empêcher de jouir.

J’en ai eu vite marre de ce petit jeu. Il fallait passer à la pratique. Alors je l’ai remis debout. Je lui ai mis une main sur les yeux et un doigt dans le cul, pour la guider vers les fenêtres. Je lui murmurais dans son oreille la façon dont les voisins et les voisines s’intéressaient peu à peu à elle.

— Y’en a un de l’autre côté, il a des jumelles à la main. je crois qu’il se branle… il vient de découvrir que sa voisine d’en face est une salope de gouine, ça doit l’exciter.

Marina semblait embarrassée. Je ne sais pas si c’était l’effet du voisin ou de mes doigts qui lui fouillaient le cul, mais son visage était excitant, vide et effrayé tout à la fois. Il m’était venu à l’idée que ce terrible mélange d’émotions devait être montré au monde entier. Je lui ai mis un foulard sur les yeux et je l’ai rhabillé, sans lui faire part de mon plan. Elle s’est laissé tirer dehors. Il y avait un bar gay où nous avions nos habitudes, à cinq minutes d’ici.

De toute évidence, les clients du bar pensaient que c’était une blague.

Je leur ai expliqué que nous n’étions pas venues là pour rire. Une fille a demandé à lui toucher les seins. Je lui ai dit de se faire plaisir. Je me suis assurée qu’elle puisse lui tripoter les seins, lui tirer sa jupe, lui attraper le cul et lui sucer ses tétons. Son groupe de copines a suivi. Chacune d’elles a pu constater à quel point Marina mouillait. Elles m’ont payé des verres en me félicitant sur mon initiative. Je me suis contenté de dire que c’était les planètes qui voulaient ça.

Une des filles a demandé à se faire lécher la chatte par Marina. Pourquoi aurais-je refusé ?

Je m’assurais juste que les autres filles puissent continuer à lui toucher le cul et lui branler le clito.

Marina devait être visible par toutes et tous, surtout par les filles.

Je me suis chargé en personne de faire jouir Marina. Sa série d’orgasmes avortés l’avait rendue folle. Elle était prête à jouir depuis longtemps. Sa chatte frétillait comme une coupe de champagne. Je lui ai glissé dans l’oreille que c’était le moment, qu’elle pouvait y allait, qu’elle pouvait se branler, que je la laisserais faire, que ce serait dommage de ne pas montrer à toutes ces filles comment elle est belle quand elle jouit.

Lorsqu’on est ressorti du bar, Marina avait perdu ses fringues dans la bataille, elle ne savait plus trop ce qu’elle devait faire, si elle devait encore bouffer une chatte ou se masturber en public. Sous la lumière des lampadaires, son visage luisait de cyprine, pareille à une touriste rincée par un orage.

Comme un groupe de mecs approchait, j’évaluais la possibilité de leur livrer Marina pour la nuit. C’était une idée folle – nous n’étions pas dans un film porno – il n’y avait plus de filet ici. Mais cela ne m’empêcha pas de hurler « Venez nous baiser si vous avez des couilles » avant de nous enfuir toutes les deux en courant.

Horoscope sexuel du mois de juin (Gémeau)

Monsieur Adam reste l’un de mes meilleurs souvenirs de lycéenne.

Le contenu de ses cours suivait le fil d’une idée fixe : vous faire abandonner tout espoir de réussite dans ce grand cirque psychotique que constitue le Monde de l’Entreprise. L’un de ses péchés mignons était de ponctuer ses tirades anticapitalistes par des extraits de la Loi de Murphy : S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et que l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour choisir la voie de la catastrophe.
C’était sa manière de sublimer sa vie tout en faisant abstraction des ravages de la calvitie et de sa taille frisant le nanisme. Je pense souvent à lui. J’aimerais l’avoir parfois à mes côtés pour bénéficier de son avis précieux de mauvais génie sur le cours de ma vie.

Dans un autre monde, au creux d’une faille spatio-temporelle, je nous vois former un couple catastrophe – une relation basée sur la violence et les coups bas – une union de désastres et d’humiliations répétées à l’infini. Notre Nouveau Monde serait une utopie où le mal ne pourrait pas nous atteindre, car nous nous serions déjà infligés toutes les souffrances possibles.

Toujours fidèle à sa Loi de Murphy, j’imagine le double de Monsieur Adam comme un romantique toxique.

La Loi de Murphy appliquée à la tendresse, ce serait une série de SMS : Je te veux ce soir – Je veux tes jarretières sexy, tes seins tendus, ton string de pute – Fais-toi belle, soigne tes cheveux, maquille-toi, prépare ton anus.

La Loi de Murphy appliquée à la romance, ce serait une photo de moi en retour, dans le miroir de ma chambre à coucher, poupée docile préparée à son goût, et une nouvelle série de textos tout aussi cruels : J’aime la façon dont tu es habillé toute salope pour moi – J’espère que tu y as passé beaucoup de temps – J’arrive, je bande déjà – Attends-moi à genoux dans la salle de bains – La tête dans les toilettes, la bouche à fleur de l’eau.

La Loi de Murphy appliquée à l’amour, ce serait son entrée tapageuse d’un coup de pied dans la porte, la ficelle de mon string écartée avec dérision, sa bite assassine directement fourrée dans mon trou du cul et sa main qui m’encastre la tête dans le fond de la cuvette. Ce serait aussi mon maquillage ruiné, mon brushing détruit par les tourbillons de la chasse d’eau et mon sourire crâneur qu’il ne verrait jamais, trop lâche pour constater mon mépris de la douleur, spectacle qu’un catastrophiste de son espèce ne pourrait supporter sans perdre son érection dans la seconde.

Les couilles vidées, satisfait de voir mon cul déborder d’un reflux de sentiments malsains, il me quitterait pour une autre, un autre trou, un autre double, dans un autre monde.

Amies et amis gémeaux, plus que jamais, la période se prête à l’exploration de territoires inconnus. Faites connaissance avec votre double pervers, tenez-le bien en laisse, et laissez vous entraîner par-delà morale et routine.

De l’art d’écrire à une main et le coup du plombier

À la demande d’une lectrice plus curieuse que les autres, je m’apprête à vous livrer l’un de mes secrets d’écriture : j’écris parfois avec les doigts qui collent.

Les premiers jets et les dernières relectures se passent souvent avec une main sur le clavier et l’autre dans la culotte, quand j’en porte une.

Là, par exemple, je viens de l’enlever.  

Elle est posée à côté de mon clavier.

Je suis, comment dire… humide.

Le mot est faible.

Je coule.

Quand il faut vraiment que je pose les deux mains sur le clavier et que l’excitation est trop forte, il m’arrive de sortir un sextoy de ma boîte magique : mon golden boy à moi. Il est tout tout touttout lisse, tout dur, tout doré et il vibre tout seul.

Je le cale entre mes cuisses et j’essaye de garder mon calme tant que possible. Sans les mains, comme on dit. Et quand je n’en peux vraiment plus, que ça monte trop fort, je me finis bien vite bien fort à la main…

C’est à ce moment que tout peut arriver. Le moment où la réalité et la fiction peuvent entrer en collision et que les images les plus weird sont susceptibles d’apparaître. C’est dans ce genre de meta-moment que je fus surprise il y a une paire d’années en pleine écriture d’un texte : l’histoire classique d’une femme au foyer qui avait appelé le plombier et commençait à se faire un film en l’attendant…

Une question se posait : que pouvait-il bien lui arriver d’autre que prendre un bon coup dans la plomberie ?

L’on frappa à ma porte à ce moment précis.

Gros coup de stress : je cachais vite fait mon bordel et m’avançai vers la porte en me demandant qui se trouvait derrière. J’étais plus que chaude – quasi en rut – je me disais que ça allait se voir comme une chatte entre les cuisses d’une webcameuse perverse.

Je me retrouvais dans le rôle de mon héroïne sans idée de la suite du script, seulement vêtue d’un peignoir, d’un nœud dans les cheveux et le ventre en feu.

Je ne m’attendais pas à trouver une fille derrière la porte. Une livreuse de la poste, une jeune et jolie remplaçante…

Le temps de trouver un stylo, j’envisageai de lui proposer de marquer une pause milk shake en ma compagnie. Alors je compris que cette synchronisation d’événements ne devait rien au hasard.

Ma femme au foyer attendait un plombier et celui-ci arriva une heure en avance. Il sonna alors qu’elle était encore sous la douche. Elle descendit à poil et lui dit dans l’interphone d’attendre cinq minutes, le temps d’enfiler une robe. Elle était si troublée qu’après avoir ouvert la porte elle fonça dans la cuisine sans se poser de question.

Elle y retrouva ses esprits mais se rendit compte qu’elle n’avait pas mis de soutien-gorge. Ses gros seins glissaient sous sa robe. L’idée que le plombier puisse voir ses tétons à travers le tissu raviva son émoi et la crainte de sentir la mouille couler les long de ses cuisses.

L’homme, lui, ne comprenait pas ce qu’il faisait dans la cuisine avec cette femme qui commençait à se caresser les seins. À partir de là, tout était possible : il pouvait baiser la ménagère entre le frigo et le micro-ondes… ou s’enfuir en courant… car cet homme n’avait rien d’un plombier. Il n’était qu’un vulgaire vendeur à domicile tombé par hasard sur une femme au foyer en pleine crise de nymphomanie.

Je tendais l’accusé de réception à la factrice en déroulant les différents scénarios dans ma tête.

Je devais tout réécrire.

La réalité venait de dépasser ma fiction.

Une série de vérités s’étaient imposées à moi avec la puissance d’un orgasme : ne plus jamais chercher à faire réaliste – tenir tête à cette fucking réalité – et toujours essayer de la prendre de cours, par tous les moyens possibles.