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Horoscope du mois de mai (Taureau)

Le Minotaure, c’était la légende du lycée.

Personne n’était capable de dire d’où il tirait ce surnom mais tout le monde avait une idée sur la question.

Dans les versions les plus hard core de la rumeur, il se racontait que sa mère avait couché avec un taureau pendant sa lune de miel en Camargue. Pour étayer cette version des faits, il suffisait d’observer son corps de bête fantastique, avec un cou large comme un tronc d’arbre.

Dans une série américaine, le Minotaure aurait joué le rôle du quaterback qui polluait les rêves de toutes les filles du lycée – profs et surveillantes incluses.

Dans la vraie vie, il faisait peur à tout le monde. Peu de mecs auraient été assez fous pour lui chercher des emmerdes. Et les filles le regardaient toutes d’un drôle d’oeil. Beaucoup d’entre nous craignaient qu’il nous saute dessus en nous attrapant par les couettes et nous fasse couiner les mamelles comme une vache laitière.

Au fond, je pense que nous nous étions perdues dans un labyrinthe de réflexions ambiguës.

La vérité était bien plus simple. Ariane, l’une des filles du lycée, avait percé le secret du Minotaure le soir des résultats du bac. Elle voulait fêter sa mention en se faisant cartonner les fesses :

Le Minotaure ? il a vraiment de quoi faire peur oui… elle nous avait dit le lendemain. Quand il a sorti sa bite j’ai cru que c’était une blague, une de ces fausses bites comme dans les sexshops. Au lieu d’avoir un mouvement de recul, je lui ai attrapé pour la soulever. Je m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi lourde et surtout aussi chaude. Je devais faire une sacrée tête parce que vous savez ce qu’il m’a dit ?

On n’avait rien dit, nous, parce qu’on attendait la suite.

Je le remballe si tu veux. Voilà ce qu’il m’a dit… Je la remballe… Oh putain que non je voulais pas qu’il la remballe. Je me sentais tellement conne que je lui ai raconté n’importe quoi. Je lui ai dit qu’il fallait pas qu’il y aille trop fort parce que mon ex n’en avait pas une aussi grosse. L’effet fut immédiat : il s’est mis à bander ce monstre. Sa queue elle se gonfla au maximum.

Ariane s’était arrêté de parler. Elle en avait les larmes aux yeux et je ne devais pas être la seule à commencer à mouiller.

Même dans les films de cul ils en ont pas des comme ça alors je me suis dit que j’allais peut-être simplement le sucer. Il était pas question qu’il me déchire le bassin avec son truc de king kong. J’ai commencé à le sucer, elle a dit en mimant le geste. Ca m’a permis de réfléchir et de me dire que j’en aurais peut-être pas deux comme ça dans ma vie alors je lui ai demandé de me laisser faire. Je me suis assise sur lui et je me suis frottée sur sa bite en essayant d’oublier la taille. Je l’ai mise bien au bord de mes lèvres. Je l’ai fait entrer au ralenti. Je respirais tout doucement. Je repensai à un truc de yoga, à un truc quand le stress est trop fort… un truc rassurant : comme regarder des vidéos de pâtissiers fabricants d’immenses gâteaux…  et à partir de là c’est devenu incroyable. Il était rentré en poussant les meubles en douceur. C’était incroyable. Il y a des mecs qui savent bien baiser, mais là c’était pas pareil, il m’avait tellement déchiré et tellement rempli que je sentais sa chaleur dans tout mon ventre jusqu’à la gorge. Il m’avait, comment dire, saturé avec son sexe, à la fois en force et en douceur. Il me balançait au rythme de mon coeur, je sentais sa bite dans le moindre recoin de mon corps… j’avais jamais prévu qu’un mec puisse me visiter de la sorte, qu’il se balade partout en moi comme dans un labyrinthe, c’est ça son vrai secret au Minotaure, pas seulement sa grosse bite… Il a trouvé la clé pour délivrer un orgasme… Il m’a rempli de plaisir en m’irradiant les entrailles. Tout son corps m’a traversé ma peau. Même ma sueur sentait la jouissance après qu’il m’ait baisé…

Nous ne savions plus quoi dire. Le voile était levé, mais le mystère restait entier. Et c’est à ce genre de mystères, amies et amis taureau, que je vous invite à vous frotter en ce joli mois de mai.

De l’art d’écrire à une main et le coup du plombier

À la demande d’une lectrice plus curieuse que les autres, je m’apprête à vous livrer l’un de mes secrets d’écriture : j’écris parfois avec les doigts qui collent.

Les premiers jets et les dernières relectures se passent souvent avec une main sur le clavier et l’autre dans la culotte, quand j’en porte une.

Là, par exemple, je viens de l’enlever.  

Elle est posée à côté de mon clavier.

Je suis, comment dire… humide.

Le mot est faible.

Je coule.

Quand il faut vraiment que je pose les deux mains sur le clavier et que l’excitation est trop forte, il m’arrive de sortir un sextoy de ma boîte magique : mon golden boy à moi. Il est tout tout touttout lisse, tout dur, tout doré et il vibre tout seul.

Je le cale entre mes cuisses et j’essaye de garder mon calme tant que possible. Sans les mains, comme on dit. Et quand je n’en peux vraiment plus, que ça monte trop fort, je me finis bien vite bien fort à la main…

C’est à ce moment que tout peut arriver. Le moment où la réalité et la fiction peuvent entrer en collision et que les images les plus weird sont susceptibles d’apparaître. C’est dans ce genre de meta-moment que je fus surprise il y a une paire d’années en pleine écriture d’un texte : l’histoire classique d’une femme au foyer qui avait appelé le plombier et commençait à se faire un film en l’attendant…

Une question se posait : que pouvait-il bien lui arriver d’autre que prendre un bon coup dans la plomberie ?

L’on frappa à ma porte à ce moment précis.

Gros coup de stress : je cachais vite fait mon bordel et m’avançai vers la porte en me demandant qui se trouvait derrière. J’étais plus que chaude – quasi en rut – je me disais que ça allait se voir comme une chatte entre les cuisses d’une webcameuse perverse.

Je me retrouvais dans le rôle de mon héroïne sans idée de la suite du script, seulement vêtue d’un peignoir, d’un nœud dans les cheveux et le ventre en feu.

Je ne m’attendais pas à trouver une fille derrière la porte. Une livreuse de la poste, une jeune et jolie remplaçante…

Le temps de trouver un stylo, j’envisageai de lui proposer de marquer une pause milk shake en ma compagnie. Alors je compris que cette synchronisation d’événements ne devait rien au hasard.

Ma femme au foyer attendait un plombier et celui-ci arriva une heure en avance. Il sonna alors qu’elle était encore sous la douche. Elle descendit à poil et lui dit dans l’interphone d’attendre cinq minutes, le temps d’enfiler une robe. Elle était si troublée qu’après avoir ouvert la porte elle fonça dans la cuisine sans se poser de question.

Elle y retrouva ses esprits mais se rendit compte qu’elle n’avait pas mis de soutien-gorge. Ses gros seins glissaient sous sa robe. L’idée que le plombier puisse voir ses tétons à travers le tissu raviva son émoi et la crainte de sentir la mouille couler les long de ses cuisses.

L’homme, lui, ne comprenait pas ce qu’il faisait dans la cuisine avec cette femme qui commençait à se caresser les seins. À partir de là, tout était possible : il pouvait baiser la ménagère entre le frigo et le micro-ondes… ou s’enfuir en courant… car cet homme n’avait rien d’un plombier. Il n’était qu’un vulgaire vendeur à domicile tombé par hasard sur une femme au foyer en pleine crise de nymphomanie.

Je tendais l’accusé de réception à la factrice en déroulant les différents scénarios dans ma tête.

Je devais tout réécrire.

La réalité venait de dépasser ma fiction.

Une série de vérités s’étaient imposées à moi avec la puissance d’un orgasme : ne plus jamais chercher à faire réaliste – tenir tête à cette fucking réalité – et toujours essayer de la prendre de cours, par tous les moyens possibles.