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Horoscope du mois d’avril (Bélier)

Je me connecte cinq minutes sur Facebook et les trois premiers articles « scientifiques » de ma timeline me rassurent sur mon karma :

– Je découvre que les personnes intelligentes disent plus de gros mots que les autres (j’aurais donc un QI à trois chiffres).

– J’apprends que parmi les 10 signes qui montrent que vous êtes un être éveillé, j’en possède 9 (à en croire l’article je suis la réincarnation d’un ancien Maître Ascensionné Tibétain).

– Et pour finir, ma consommation de café, en masse et sans sucre, tendrait à prouver que je suis – d’un point de vue clinique – une psychopathe.

Je pense surtout qu’il s’agit d’un tas de bullshit. Du genre de massive bullshit que l’on ingère à longueur de journée si l’on traîne trop sur ces réseaux dingos.

Andy Warhol nous avait promis le quart d’heure de célébrité. Je pense que nous en avons terminé de cette période : quel intérêt à devenir une célébrité quand on nous offre les moyens, la chance et l’honneur de nous comporter H24 comme des chroniqueurs télés ? À la fois juges et parties, popstars potentielles et destructeurs d’idoles.

Amies et amis béliers, ce nouveau printemps doit être considéré comme un nouvel an – l’opportunité d’un striptease mental – une occasion sans pareille de faire le ménage dans vos idées, vos fantasmes, vos désirs, vos obsessions, mais surtout vos idéaux et vos dogmes… Il est grand temps d’arrêter de chercher une vérité sur internet : c’est aussi illusoire que chercher « LE GRAND AMOUR » dans la barre de recherche de Pornhub.com

De l’art d’écrire à une main et le coup du plombier

À la demande d’une lectrice plus curieuse que les autres, je m’apprête à vous livrer l’un de mes secrets d’écriture : j’écris parfois avec les doigts qui collent.

Les premiers jets et les dernières relectures se passent souvent avec une main sur le clavier et l’autre dans la culotte, quand j’en porte une.

Là, par exemple, je viens de l’enlever.  

Elle est posée à côté de mon clavier.

Je suis, comment dire… humide.

Le mot est faible.

Je coule.

Quand il faut vraiment que je pose les deux mains sur le clavier et que l’excitation est trop forte, il m’arrive de sortir un sextoy de ma boîte magique : mon golden boy à moi. Il est tout tout touttout lisse, tout dur, tout doré et il vibre tout seul.

Je le cale entre mes cuisses et j’essaye de garder mon calme tant que possible. Sans les mains, comme on dit. Et quand je n’en peux vraiment plus, que ça monte trop fort, je me finis bien vite bien fort à la main…

C’est à ce moment que tout peut arriver. Le moment où la réalité et la fiction peuvent entrer en collision et que les images les plus weird sont susceptibles d’apparaître. C’est dans ce genre de meta-moment que je fus surprise il y a une paire d’années en pleine écriture d’un texte : l’histoire classique d’une femme au foyer qui avait appelé le plombier et commençait à se faire un film en l’attendant…

Une question se posait : que pouvait-il bien lui arriver d’autre que prendre un bon coup dans la plomberie ?

L’on frappa à ma porte à ce moment précis.

Gros coup de stress : je cachais vite fait mon bordel et m’avançai vers la porte en me demandant qui se trouvait derrière. J’étais plus que chaude – quasi en rut – je me disais que ça allait se voir comme une chatte entre les cuisses d’une webcameuse perverse.

Je me retrouvais dans le rôle de mon héroïne sans idée de la suite du script, seulement vêtue d’un peignoir, d’un nœud dans les cheveux et le ventre en feu.

Je ne m’attendais pas à trouver une fille derrière la porte. Une livreuse de la poste, une jeune et jolie remplaçante…

Le temps de trouver un stylo, j’envisageai de lui proposer de marquer une pause milk shake en ma compagnie. Alors je compris que cette synchronisation d’événements ne devait rien au hasard.

Ma femme au foyer attendait un plombier et celui-ci arriva une heure en avance. Il sonna alors qu’elle était encore sous la douche. Elle descendit à poil et lui dit dans l’interphone d’attendre cinq minutes, le temps d’enfiler une robe. Elle était si troublée qu’après avoir ouvert la porte elle fonça dans la cuisine sans se poser de question.

Elle y retrouva ses esprits mais se rendit compte qu’elle n’avait pas mis de soutien-gorge. Ses gros seins glissaient sous sa robe. L’idée que le plombier puisse voir ses tétons à travers le tissu raviva son émoi et la crainte de sentir la mouille couler les long de ses cuisses.

L’homme, lui, ne comprenait pas ce qu’il faisait dans la cuisine avec cette femme qui commençait à se caresser les seins. À partir de là, tout était possible : il pouvait baiser la ménagère entre le frigo et le micro-ondes… ou s’enfuir en courant… car cet homme n’avait rien d’un plombier. Il n’était qu’un vulgaire vendeur à domicile tombé par hasard sur une femme au foyer en pleine crise de nymphomanie.

Je tendais l’accusé de réception à la factrice en déroulant les différents scénarios dans ma tête.

Je devais tout réécrire.

La réalité venait de dépasser ma fiction.

Une série de vérités s’étaient imposées à moi avec la puissance d’un orgasme : ne plus jamais chercher à faire réaliste – tenir tête à cette fucking réalité – et toujours essayer de la prendre de cours, par tous les moyens possibles.

Horoscope du mois de décembre (Sagittaire)

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L’automne glisse vers l’hiver à la vitesse d’une comète en route pour Jupiter.

C’est sur cette promesse d’apocalypse silencieuse que je vous propose, amies et amis sagittaires, de vous défaire du superflu.

Pour retrouver en vous la part animale étouffée sous des tonnes de conneries civilisées.

Pour retrouver le centaure en vous.

Et pourquoi pas en profiter pour affronter quelque minotaure perdu dans le labyrinthe de votre esprit…

Ainsi formulé, vous pourriez croire que je tente de donner dans la pensée positive ou l’ésotérisme pour les nuls.

Il n’en est rien.

Je vous propose même d’aller faire un tour du côté du porno pour mener à bien votre mission. Rien tel qu’une petite virée sur des sites X de seconde zone pour entrer en contact avec l’Étrange – pour se confronter à quelque fantasme trop rapidement banni de votre imaginaire – pour regarder bien en face ce que vous n’aviez précisément pas envie de voir – pour comprendre, à nouveau, que nous pratiquons trop souvent l’amour sans passion et que si les hardeuses ne ressentent aucune honte à simuler, c’est parce que tout le monde simule, au fond.

Lors de votre odyssée dans les tags les plus obscurs (Ex : #bisex, #fisting, #hairy, #piss, #pregnant, #slave ou #voyeur) il s’agira d’expérimenter le champ des possibles et de vous immiscer dans ces fameux interstices de doutes entre la vérité et le mensonge. Ainsi, vous découvrirez peut-être que le Simulacre possède aussi sa propre beauté : sa contre-beauté, son anti-beauté, ou l’équivalent d’une sur-beauté surpassant les impostures les plus flagrantes de la vérité…

Il vous faudra affronter cette avalanche d’images dégradantes tout en continuant à croire aux miracles sans chercher à les résoudre ou les expliquer. Et si le mystère résiste face aux illusions, c’est que vous êtes vivant.